Nouveau drame du burkini

Publié le par Nono

Le burkini, c'est cette polémique qui enflamme l'été dans notre pays. Et aujourd'hui, nous avons passé un nouveau cap. C'est à midi que tout s'est joué. Sur une petite plage de Bretagne du Nord, la police a été appelée pour intervenir. Les braves fonctionnaires ignoraient encore la place qu'ils allaient tenir dans le débat national !

Implacables, les fonctionnaires ont constaté l'infraction et verbalisé la femme refusant de se plier à l'arrêté. Cela aurait pu en rester là, mais à seize heures, la délinquante à dû être conduit à l'hôpital avec une suspicion de pneumonie. Bavure ? Possible... Explication.

Sandrine B., commençant tout juste à se remettre de ses émotions, nous raconte :
"Le type a pas compris. Je lui ai pourtant expliqué que ce n'était pas un burkini, mais un ciré parce qu'il faisait quatorze et qu'il pleuvait. Il n'a rien voulu savoir et m'a forcé à l'enlever après m'avoir mis le PV. Du coup j'ai pris froid, forcément : il faut pas rester sans capuche avec ce vent glacial. Je ne vais pas en rester là. Pirates !"

Une justification loin de convaincre le Ministère de l'Intérieur qui, droit dans ses bottes, soutient ses fonctionnaires. Il a reçu ce soir l'appui de Manuel Valls en personne qui a publié une tribune dans la presse. Extrait :
"Le ciré n'est pas un simple vêtement. C'est un projet de société par lequel les extrémistes Bretons veulent imposer à la France leur climat tout pourri. Je soutiens totalement les maires ayant pris des arrêtés anti-burkinis-anti-cirés ! Pour autant, je me refuse à légiférer sur ce point afin de ne pas aviver davantage les tensions sociales et le ressentiment des Bretons, qui constituent des Français à part entière."

Cette déclaration est un cinglant démenti envers sa Ministre de l'éducation nationale qui avait déclaré un peu plus tôt que bien que rêvant d'un monde où les femmes n'auraient pas besoin de se couvrir d'un ciré sur la plage, il fallait être pragmatique et ne pas prendre d'arrêtés, parce "qu'après tout, c'est vrai que le temps en Bretagne est généralement dégueulasse !"

Un peu court pour l'opposition qui a profité de cette cacophonie gouvernementale pour surenchérir. Dans un communiqué, l'ex-Président Nicolas Sarkozy fustige ces atermoiements :
"La République recule sur tous les fronts, affirme-t-il sans concession. En refusant de passer par la loi, le Premier Ministre fait une nouvelle fois preuve de faiblesse fasse aux extrémistes qui menacent notre pays. Nous ne voulons plus de mots mais des actes concrets ! Combien de temps allons nous nous laisser faire ? Le ciré est une provocation qui heurte nos valeurs, notre mode de vie et qui nie les racines Chrétiennes de la France (après tout, Jésus lui-même est souvent représenté avec un simple linge autour de la taille). Ceci est une guerre. Et cette guerre nous devons la gagner. Nous n'avons pas le choix ! Si je suis élu Président de la République, je ferai voter une loi pour interdire le ciré dans l'espace public sur l'ensemble du territoire national. Et en plus Carla est hyper bonne en bikini."

Aussitôt dit, aussitôt fait : suivant son président, le maire LR de Cannes a rappelé que son arrêté anti-burkini concernait évidemment aussi le ciré :
"Le cas ne s'est pas encore produit, admet l'édile, notamment parce que chez nous il fait beau et chaud. Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut relâcher notre vigilance ! Tant que je serai maire, aucun ciré ne sera vu sur les plages de cette ville !"

Véritable volonté politique ou simple opportunisme ? Les cadres du Front National ont tranché ! Et Marine Le Pen d'ironiser sur Twitter :
"Les énarquo-européistes du LRPS parlent beaucoup, mais on en voit peu sur les plages de Bretagne. MLP"
"Moi quand je retourne dans ma belle région, je vais toujours à la mer avec mon maillot bleu-blanc-rouge. MLP"

Seul politicien d'envergure nationale resté sans réaction, Jean-Luc Mélenchon a craint de laisser le débat public se faire sans lui et a convoqué en urgence une conférence de presse, prenant visiblement le dossier en cours de route :
"Le ciré jaune est les symbole de l'oppression capitaliste du petit peuple par le patronat, a-t-il déclaré avec emphase. Les femmes libres portent le ciré rouge. Rouge comme l'espérance. Rouge comme le sang des travailleurs Bretons massacrés par les inégalités sociales de ce monde abject. Par le ciré jaune, c'est tout le Grand Capital qui adresse un bras d'honneur aux classes populaires. Révoltons-nous !"

Mais le débat a franchi un nouveau cap en débordant bien au-delà du monde politique. Ainsi, le Comité Nationale de la Marine Bretonne et Solidaire a annoncé son intention d'attaquer les arrêtés anti-cirés devant le Conseil d'Etat, au nom de la liberté de ne pas se tremper le cul dans les régions au climat humide. Audience en référé lundi. En attendant, le CNMBS aura au moins convaincu le chanteur Renaud qui vient de déclarer son soutien à la cause. Renouant avec le style au vitriol de ses début, celui qui voulait embrasser un flic il y a encore quelques temps provoque : "j'ai troqué mes santiags et mon cuir un peu zone, contre une paire de dockside et un vieux ciré jaune" assène-t-il sans langue de bois.

Mais tout cela ne va-t-il pas trop loin ? Peut-être, mais tous ces braves gens ne vont pas en rester là ! A suivre...

A+
Nono

Publicité

Publié dans krankenkamel

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article