Les jeux paralympiques
Cela fait près d'une semaine que les JP sont terminés, et il est temps de faire le bilan de ces beaux moments de sport. Car ne nous y trompons pas : les athlètes handisport sont aussi professionnels, voire plus, que les valides.
Ainsi, certains sports sont extrêmement spectaculaires, comme le plongeon en duo où un paraplégique aux bras musclés projette un nain du haut d'un plongeoir de dix mètres. Si certains concurrents se blessent grièvement à l'arrivée, les figures ont encore plus d'envolée que dans le sport original.
Le marathon pour non-voyants offre également un spectacle de haute tenue et un suspense haletant ! Bien malin qui saurait dire au début de la course quel candidat va gagner : imaginez un peu une centaine d'athlètes aveugles lâchés à 42,2 km d'une arrivée dont ils ignorent totalement l'emplacement !
Pour les esprits chagrins qui pourraient trouver cela un peu longuet, je leur conseille le judo, toujours chez les non-voyants. Les prises sont aussi spectaculaires que chez les valides et le spectacle est parfois poignant. Comme quand la favorite Biélorusse, après un ippon parfaitement exécuté a cru un instant qu'elle avait décroché la médaille d'or. Se précipitant vers son clan pour célébrer l'événement, elle apprit par son coach qu'elle avait en fait attaqué par erreur l'arbitre de la rencontre (lequel a parfaitement su rebondir en s'engageant un peu plus tard en basket fauteuil) et qu'elle était disqualifiée.
Pour être parfaitement honnête, certaines disciplines m'ont moins convaincu. C'est le cas du 100 mètres nage libre catégorie tétraplégiques. Il n'y a pas beaucoup d'action : les officiels se contentent de jeter à l'eau les malheureux athlètes et d'attendre de voir qui flotte : le dernier à rester à la surface remportant la course.
Le tir à l'arc pour manchots est également d'un intérêt limité, tirer sur la corde avec ses dents ne permettant pas de viser correctement. Sans compter les nombreux blessés dans le public qu'occasionne toujours l'épreuve.
Non, mieux vaut se concentrer sur les sports qui nous ramènent aux véritables valeurs de l'olympisme. La lutte Gréco-Romaine pour quadri-amputés en est sans doute le symbole le plus éclatant : affronter son adversaire fièrement, directement et sans artifices à coups de tête et de dents jusqu'à ce que l'un tombe assommé est l'essence même du sport dans ce qu'il a de plus noble. Personne ne peut tricher. Qu'importent les blessures graves pour ces gens dont la vie est déjà si dure ? Alors, ils se battent, et c'est beau !
En revanche, le saut à la perche est à déconseiller : quand la perche est greffée à l'athlète en lieu et place de ses jambes, c'est un peu trop facile. Ça fait un peu saut aux échasses en fait.
Mais le paroxysme de l'émotion c'est peut-être cette cérémonie de clôture où l'on euthanasie les athlètes survivants. Après une vie passée à souffrir dans la dignité, ils ont vécu leur rêve Olympique et peuvent sereinement laisser la place à la génération suivante. J'en ai versé une petite larme...
Si vous vous êtes dits en lisant cet article : "bah ça à l'air bizarre les Jeux Paralympiques", c'est que vous n'avez sans doute rien regardé. Alors la prochaine fois, jetez un oeil : ça vaut le coup ! Vraiment !
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