Je suis un vieux con !
Passé la trentaine, il fallait bien que ce moment arrive à un moment ou à un autre. C'est maintenant, ça y est : je suis devenu un vieux con.
J'en suis presque soulagé : dans ma vie j'ai rencontré tellement de vieux cons qui avaient l'impression d'être encore dans le coup que je trouve ça assez gratifiant d'avoir tout de suite compris quand je suis passé de l'autre côté.
Ça s'est passé la semaine dernière. Intrigué par le phénomène qui entoure actuellement le rappeur Jules, j'allais sur Deezer. Après quelques recherches infructueuses, je me rendis compte qu'il se prénommait en fait Jul.
C'est ainsi que j'ai essayé la musique de jeunes.
Et là, paf, ça m'est passé à côté. Tel Neo dans Matrix, je laissais les chansons me frôler sans qu'aucune parvienne ne serait-ce qu'à m'effleurer. C'était bizarre : il y avait "boule" dans toutes les phrases sans jamais que le type n'évoque la pétanque ou les petits garçons roux. Et puis, le gars avait un accent bizarre et on ne comprenait pas tout ce qu'il disait. Et puis parfois, les vers n'avaient aucun rapport les uns avec les autres, comme s'il avait juste accolé les phrases pour que ça rime sans se soucier du sens du texte. Le seul moment où on s'est un peu rapproché, Jules et moi (bah oui, les vieux cons n'inventent pas des variantes de prénoms communs et trouvent que jamais on aurait jamais dû accepter d'enregistrer l'enfant comme ça), c'est quand il a dit qu'il ne se voyait pas briller. Moi non plus, je ne le vois pas briller ! Pour moi, ce type est un OVNI.
À un moment, seul devant mon écran, je me suis mis à marmonner que de mon temps on avait Passi, Doc Gynéco et les premiers 113 du temps où ils étaient bons et que ça au moins c'était du bon rap et de la vraie musique, pas comme ces merdes actuelles. Et soudain, un flash m'a interrompu : j'ai réalisé que j'étais un vieux con.
Tant pis, c'est la vie !
A+
Vieux Nono