Le langage Un-clusif

Publié le par Nono

Une des tendances du moment est d'émettre des théories visant à améliorer la langue française. Krankenkamel, blog littéraire se devait d'apporter sa pierre à l'édifice de ce noble débat. La voici, il s'agit du langage Un-clusif.

Indubitablement, il y a un problème avec le français : sa fâcheuse tendance à écraser le masculin. Comment, en tant qu'homme, ne pas se sentir touché dans sa virilité par notre langue ? Il convient d'y remédier pour que le mâle Français retrouve toute sa superbe et reprenne confiance en lui.

Un exemple : les pronoms.En Anglais, la troisième personne du pluriel n'est représentée ni par le "il" (he), ni par le "elle" (she) mais par un pronom neutre : "they". En Allemand, cette personne est représentée par le féminin : "sie". Et ce, quel que soit le sexe des individus qu'elle représente. En Français, il suffit qu'un seul homme soit présent au milieu d'une foule de femmes pour que l'on doive employer "ils". Dans ce regrettable cas de figure, le pronom masculin perd tout son sens en ne représentant pratiquement que des individus de sexe féminin.

Il en va de même pour la troisième personne du singulier. Dans les deux langues précitées (et bien d'autres), un pronom neutre existe pour désigner des choses ou des objets dépourvus de sexe. "It" et "es" sont ainsi bien utiles pour ne pas heurter la sensibilité masculine. Les déterminants sont soumis à la même règle : "das" et "the" sont intelligemment neutres.

Hélas, pauvres Français martyrisés, nous sommes obligés de prêter notre beau pronom masculin à de simples choses. Pire, il arrive que les hommes soient totalement humiliés en se retrouvant désignés par des mots féminins : un homme peut être "une personne", se retrouver dans "une foule", "une assemblée" ou "une audience".

Il est donc plus que temps d'instaurer en France le langage Un-clusif, manière de s'exprimer en faisant la promotion du masculin.

Première mesure de bon sens, l'instauration de pronoms, d'articles et de noms communs neutres pour cesser enfin de diluer le masculin dans notre horrible pluriel actuel.

Seconde réforme indispensable, la masculinisation des noms improprement féminins. Cessons de nous excuser d'avoir des testicules, je suis "un person" et je le revendique. De même pour les métiers : ce fier soldat porteur de message devrait s'appeler "un estafet", cet homme qui aide les enfants à naître "un sage-homme" et celui-ci qui les garde "un nono". Quant à lui qui se prostitue, c'est évidemment "un put".

Troisièmement, et c'est peut-être là le plus important, cessons d'employer le mot "homme" quand il désigne autre chose que les hommes. Ainsi, uriner debout est un droit de l'Homme quand la liberté d'expression doit tout simplement être désigné comme un droit "des personnes et des persons".

Ce nouveau langage devra être rapidement diffusé auprès des écoliers de toute la France afin d'en finir avec ces siècles de discrimination ignoble et rétablir la paix sociale. Ainsi rétablis dans toute leur virilité, les supporters de football cesserons d'avoir recours à la violence et à l'insulte pour se prouver qu'ils sont des hommes alors que la santé publique se verra grandement améliorée par la fin des concours de qui qui va en boire le plus.

Alors, le monde sera meilleur.

A+
Nono

 

 

 

Publicité

Publié dans krankenkamel

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article