Dans la vie, plus tu sers à rien et plus tu es populaire !

Publié le par Nono

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans la vie, moins l'on est utile et plus on est cool ! En voici la preuve...

Prenons les besoins de base de l'homme : se nourrir et se loger. Conformément à notre théorie, ils correspondent au plus bas de l'échelle sociale dans l'esprit de l'opinion publique. Vous ne me croyez-pas ? Alors répondez à cette question : quand pour la dernière fois avez vous entendu quelqu'un déclarer : "les syndics de copropriété sont des gens honnêtes qui gèrent parfaitement mon immeuble, et ce en toute transparence" ? Eh bien je vais vous le dire : c'était à la même époque que lorsqu'on vous a dit : "moi je trouve que les agents immobiliers sont des commerçants consciencieux qui touchent des commissions plus que raisonnables pour leur travail !" et "les entrepreneurs du bâtiments pratiquent des tarifs bon marché et tiennent leurs délais avec beaucoup de régularité". Les différents acteurs de la chaîne alimentaire ne sont pas mieux lotis : de l'agriculteur, considéré soit comme un bourreau des bêtes, soit comme un bouseux stupide à mettre sous tutelle d'urgence à la grande distribution accusée d'avoir comploté depuis des siècles pour préparer l'extinction du petit commerce, en passant par l'industrie qui bien évidemment tente de détruire l'humanité en mettant du poison dans les aliments, tous sont les cibles des haineux... et même des autres ! La palme revenant à ceux qui aident les paysans à produire : les horribles sbires de l'industrie chimique. Actuellement, si l'on faisait un sondage de popularité entre entre ces gens et les nazis, je ne sais pas qui gagnerait.

Si on considère le dégoût qu'ils inspirent et le  halo complotiste qui les entoure, ils sont finalement proches des laboratoires pharmaceutiques sur l'échelle de la popularité. Et cela tombe bien, car se soigner est un besoin humain venant probablement tout juste après les deux précédents par ordre d'importance. Et si on prend en compte le fait que depuis le 19ème siècle, les effets conjugués d'une meilleure nutrition et des progrès médicaux ont fait doubler l'espérance de vie humaine dans les pays développés, Il est logique, suivant notre axiome que les personnes travaillant dans ces branches soient extrêmement détestées. Ainsi, lorsque l'opinion a découvert dans l'équipe d'un candidat à la dernière présidentielle un ancien employé de laboratoire au poste de conseiller santé, il a fallu d'urgence le licencier malgré la cohérence de son profil avec les tâches qui lui étaient demandées.

Au-delà de ces besoins primaires, nos sociétés modernes ne pourraient exister sans un être administrées, sécurisées et sans un système financier fluide. Qui imaginerait un modèle éducatif sans fonctionnaire ? Qui vivrait l'esprit tranquille sans défense et sans police ? Qui  s'imaginerait en train de garder jour et nuit un coffre-fort chez lui ou d'aller faire ses courses avec une cassette de pièces d'or ? Certainement pas ceux qui râle après les fainéants, qui accusent les banquiers d'à peu près tous les malheurs du monde ou qui crient "tout le monde déteste la police" dans les manifestations... et pourtant, ils crient ! Ce n'est pas parce qu'on en a absolument besoin qu'il faut en plus les apprécier...

Les services et biens de consommation remplissent des besoins secondaires par rapport à ceux cités plus haut. Cela explique probablement le caractère mitigé des l'opinion publique à l'égard des personnes qui les fournissent. On imagine bien Mark Zuckerberg à la tête d'une organisation secrète visant à conquérir le monde à l'aide de nos données, mais on conserve nos comptes facebook. On trouve que les opérateurs téléphoniques chargent un peu trop les prix, mais que Xavier Niel, lui, est très gentil. Les grèves Air France nous fatiguent, mais après tout la Direction exagère sans doute ! Finalement, c'est personnes sont à peu près en position neutre sur l'échelle popularité / utilité.

Ce n'est que quand tous ces besoins sont remplis que l'on peut enfin penser à se distraire. Naturellement, c'est là que l'on retrouve les personnes les plus populaires de notre société : acteurs, chanteurs ou footballeurs professionnels. Eux sont des modèles, des influenceurs, des héros du quotidien. Logique : ils ne servent finalement pas à grand chose...

La théorie de l'antagonisme fondamental entre utilité et popularité est donc parfaitement démontrée.

Des gens à la télévision l'ont comprise et ont cherché à pousser le principe jusqu'à l'extrême. "En créant des personnes qui ne serviraient réellement à rien du tout, on pourrait générer une popularité sans précédent", se sont-ils dit.

La télé-réalité était née !

Ah, et puisque les blogueurs se positionnent dans les bonnes catégories de ce classement, je ne vous donnerai pas mon vrai métier ;-).

A+
Nono

 

 

 

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Publié dans krankenkamel

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