Irresponsabilité collective

Publié le par Nono

En début de confinement, je m'interrogeais sur le caractère collectif et citoyen de la responsabilité en matière de crise et sur la capacité des Français a en tirer quelque chose. Et, alors que la nouvelle étape du déconfinement approche, je dois reconnaître que je ne suis pas vraiment convaincu... Résumons si j'ai bien compris l'opinion de chaque corporation.

Les indépendants, qui habituellement veulent absolument rester indépendants, exigent à présent que les institutionnels volent à leur rescousse. Mais ils n'accepteront aucune contrepartie : ils sont indépendants ! Les fonctionnaires, à chaque réforme, vont dans la rue en brandissant le service public comme étendard, voire même comme religion... Ici, tant que les contribuables paient leur plein salaire, ils se verraient bien confiner encore 6 ou 8 mois pour être bien sûrs et qu'importe si des services vitaux comme l'école ne sont plus assurés. Les salariés sont d'accord pour recevoir des aides de l'État pour leur chômage partiel, mais refuseront évidemment tout impôt supplémentaire en fin de confinement. Ils ne travailleront pas plus pour compenser car après tout, tout ça n'est pas de leur faute. Les syndicats déclencheront des grèves s'il le faut, et tant pis si l'économie plonge. Car du côté des représentants patronaux, il est évident que le surcroît de travail doit être fait sans compensation. Du reste, il est hors de question que les entreprises qui ont poursuivi la production pendant la crise payent des taxes supplémentaires, comme il serait inacceptable que celles qui ont dû stopper leur activité ne soient pas aidées !

C'est à peine caricatural : cherchez un peu les communiqués des différents organismes représentants les familles professionnelles, les contribuables, les consommateurs... On attend que l'Autre règle les problèmes, fasse les efforts, paye. Juste retour des choses : après tout c'est l'Autre le coupable.

Tiens, imaginons autre chose.

Et si les indépendants, proposaient en échange des aides qui leur sont attribuées, de prendre une nouvelle place dans la solidarité nationale ? Et si les fonctionnaires, convaincus de l'importance de leur mission, mettaient un point d'honneur à être les premiers à rouvrir ? Et si les grandes entreprises assumaient leur ambition d'être la locomotive économique du pays en présentant un plan de relance étayé ? Ils seraient aidés dans sa conception par des partenaires sociaux constructifs et désireux de de faire du paritarisme le porteur d'un projet de société générateur de progrès pour tous et soutenu par des salariés conscients de la nécessité pour eux de soutenir le modèle qui les fait vivre...

Bon, le déconfinement n'est que demain : on peut encore réfléchir à la question !

A+
Nono

 

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Publié dans krankenkamel

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