Je voulais aller à Pau, alors je suis parti vers le Sud... Et j'ai trouvé Toulouse!
Il est pratiquement impossible de s'orienter dans une région où on ne voit pas les Pyrénées, je viens d'en apporter la preuve éclatante hier: je partais pour aller à Pau et je suis arrivé à Toulouse!
Il faut dire qu'on est tenté de quitter Paris le plus vite possible, alors on ne prend pas toujours le temps de vérifier son cap! Ou alors étaient-ce les ondes émises par mon téléphone portable qui ont déréglé mes instruments? Toujours est-il que j'arrivais dans la ville rose en cherchant la ville authentique.
Mais reprenons depuis le début. Après ma journée de travail de mercredi, j'étais en week-end prolongé. Après quelques préparatifs, je me dirigeais donc joyeusement vers l'aéroport. Là, le RER A stoppait quelques secondes en pleine voie avant de repartir, signe annociateur du déluge de catastrophes s'annonçant. Arrivé à Auber, une annonce retentit telle le glas: "En raison d'un incident technique Gare du Nord, le trafic est interrompu sur les RER B et D". Quel effroi! Le B devait justement m'emmener à Roissy. Et la voix sinistre d'ajouter: "Les passagers se rendant à Roissy peuvent emprunter les Roissybus". Mais il était trop tard et déjà les portes se refermaient et ma rame se mettait en branle vers Châtelet, bien loin des Roissybus promis! Arrivé à Châtelet, plus déterminé que jamais, je courrais pour changer de quai et retourner à Auber. 10 minutes de perdues n'étaient pas très grave et j'étais encore dans les temps. Courant vers la sortie des Roissybus, tel une pintade vers un seconde ligne (je vous parlerais bientôt des pintades et des secondes lignes), je trouvais une foule excitée se pressant aux portes d'un véhicule! "Priorité aux passes Navigo!", hurlait le chauffeur débordé et prêt à céder sous la pression du peuple! Brandissant alors la précieuse carte RATP je me frayais un passage à la manière d'un Parisien et quelques secondes plus tard j'étais entré, alors que la masse grouillait encore à la porte. Mais le chauffeur voulait remplir son bus au compte goutte pour éviter les resquilleurs et il fallut près de 15 minutes pour partir. Dans les bouchons parisiens du soir, l'espoir renaquit en moi: les couloirs de bus allaient-ils me sauver? Mais je ne pouvais plus ignorer les signes pourtant clair que la vie avait de me dire que non décidément je n'aurais pas mon avion, car le chauffeur, qui avait mal compris le concept de travailler plus pour gagner plus, se dirigea vers le dépôt pour demander à un collègue de prendre le relais car son service était finit! Arrivant dans un Roissy au bord du chaos, il était trop tard! Mon avion venait juste de décoller! Allant au guichet correspondance la dame me dit "Je peux vous mettre sur l'avion de demain.
- Vous n'auriez pas avant?
- Non c'était le dernier.
- Et sur Tarbes?
- Non plus.
- Biarritz?
- Non.
- Bordeaux? Toulouse?
- Il y en a un pour Toulouse dans 3 minutes dans le terminal F... Vous ne l'aurez jamais.
- Enregistrez moi j'y vais!"
Commença alors une course éperdue vers le terminal F, volant littérallement sur les tapis roulant, j'arrivait trop tard, mais brandissant ma carte Flying Blue, j'imposais le respect au responsable de l'enregistrement qui prenait mon bagage (A Paris il faut souvent brandir des cartes pour qu'on vous respecte!). Je reprenais ma course, et, plus rapide car délesté de mon sac, je parvenais à embarquer à temps! Dans la passerelle, j'ai pu recommencer à marcher normalement. Mes muscles étant revenu au repos, mon cerveau recommença à fonctionner. Et il m'indiqua qu'il n'y avait qu'environ une chance sur dix pour que ce soit le jour où il y a un train Toulouse Pau à 23h30.
Je cherchais donc où dormir, et finit chez Mac qui cherchait justement un chauffeur pour pouvoir se bourrer la gueule en boîte! Cela tombait bien! Nous dormîmes 3h avant de retourner à la gare prendre enfin un train pour Pau!
Un train pour Pau? Y 'en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes!
Voilà comment je me suis retrouvé à 200 km de mon objectif initial, chose que même mon légendaire sens de l'orientation ne m'aurais pas permis!
++
No