Aujourd'hui Krankenkamel présente : la Parisienne
Mes nombreux séjours dans le métro pour me rendre à mes entretiens me permettent aujourd'hui de brosser le portrait de la Parisienne.
La Parisienne aime la plongée sous marine. Pour retrouver les sensations du masque sur son visage, elle porte donc des lunettes de Soleil géantes parfaitement étanches. Le capuchon de la combinaison est remplacée par la capuche de son pull gris soie/cachemire à cent cinquante euros. La Parisienne est donc bien protégée du monde extérieur qui peut à peine entrevoir son visage. En effet, il n'est pas ce que la Parisienne aime montrer d'elle.
Car la Parisienne croit son corps exceptionnel et préfère de loin montrer ses fesses plutôt que sa face. Pour cela, la Parisienne porte des leggings. Les leggings ressemblent beaucoup aux collants un peu chauds que les filles qui ne sont pas parisiennes mettent l'hiver pour aller faire leur footing. La différence c'est que les leggings de la Parisienne sont du dernier chic pour aller dans le métro en rentabilisant son string sans couture "I love Paris", coûtent 85 euros et sont assortis à ses bottes en cuir de bébé phoque à talons de douze centimètres. L'autre différence, c'est que les fesses de la Parisienne n'ont pas connu de footing depuis longtemps, un inconvénient lorsque la cellulite est si bien moulé dans de beaux leggings. Mais ça n'est pas grave car la Parisienne sait qu'elle est belle, même si les gens ne s'en rendent pas compte. En plus, quand on porte des collants dans la vie de tous les jours, on a rien à se mettre pour faire du sport, alors je propose de pardonner ce détail à la Parisienne.
Telle l'escargot, la Parisienne aime à emmener sa maison avec elle. Sa maison à elle réside dans un sac Louis Vuitton géant. Le gros avantage du sac géant par rapport au sac normal pour la Parisienne, c'est que les gens peuvent voir de plus loin qu'il s'agit d'un Vuitton. L'inconvénient c'est qu'il pèse douze kilos. Inconvénient néanmoins vite résolu grâce au roulé fessier asymétrique, technique de marche maîtrisée parfaitement par toute Parisienne qui se respecte. En fait il s'agit de balancer les fesses de manière plus marquée du côté opposé au sac géant. La Parisienne portant son sac sur l'épaule gauche roulera donc des fesses plus fort vers la droite, faisant ainsi contrepoids et lui donnant une démarche légère et élégante.
L'autre avantage du sac géant, c'est qu'il contient une multitude de choses. Ainsi, quand le portable de la Parisienne sonne, le volume réglé à fond attirera l'attention de toute la rame de métro. Elle pourra ainsi, affichant une moue embarassée, se mettre à fouiller dans son sac géant pour en sortir successivement un parapluie (la Parisienne est une femme prévoyante et elle veut qu'on le sache), un étui à lunette géant pour ranger ses lunettes de soleil géantes (sur l'étui, le nom de la marque est écrit en plus gros ce qu'on trouve très chouette lorsqu'on est Parisienne), un paquet de lingettes rafraîchissantes (la Parisienne est fraîche est dispose en toute circonstance, même lors d'une grève de métro), un vibromasseur de voyage (la Parisienne tient à ce que l'on sache que c'est une femme moderne assumant parfaitement ses besoins), un Ipod Nano argenté (il n'y a pas de musique dedans car la Parisienne ne sait pas s'en servir, néanmoins, elle a lu dans Cosmo que l'Ipod Nano était un accessoire à posséder absolument, en plus c'est pratique de se mettre des écouteurs dans les oreilles et de paraître concentrée sur une chanson au moment ou le monsieur qui joue de l'accordéon dans la rame passe en tendant une casquette complètement démodée), un exemplaire de Cosmo (avec à la Une Scarlett Johannson écoutant son Ipod Nano argenté) et une boîte de six préservatifs micro-perlés (la Parisienne veut bien s'ouvrir aux hommes, mais seulement à ceux qui font passer son plaisir avant le leur). Une fois tous ces objets en évidence sur le siège à côté d'elle et sur lequel lorgnait un septuagénaire accroché à la barre de sécurité de manière précaire, la Parisienne pourra sortir son téléphone doré tout neuf et se mettre à crier dedans en toute sérénité : tout le wagon la regarde et a repéré la marque de l'engin. Après avoir hurlé "Oui chéri je t'entend très mal je suis dans le métro, c'est bondé ici je n'en peux plus, je rentre à Neuilly vers dix-huit heures", la Parisienne remettra ses affaires dans son sac géant et descendra sur le quai, marchant asymétriquement vers d'autres aventures palpitantes.
La seule chose finalement qui manque à ma compréhension de la Parisienne, c'est comment fait elle pour se diriger dans les sombres couloirs du métro, ou même la nuit avec ses lunettes de soleil. Peut-être une adaptation de son système visuel préfigurant une prochaine évolution de l'humanité...
Je creuserais cette question la prochaine fois.
a++
No
P.S.: En fait, la Parisienne est un peu une Patricia la Pouffe (qui m'a promis de m'écrire très bientôt pour me donner des nouvelles de sa vengeance) en gris à la place du rose et en chatain à la place du blond platine. Si vous voulez en savoir plus sur sa psychologie, je vous invite donc à vous replonger dans les pensées de Patricia...