Hommage à Christian le clochard
Cet article aurait pu s'appeler "rerererentretien à Paris", mais je me suis dit que ça finirait par être un poil répétitif ; et puis vu le tour pitoyable que prend ma recherche d'emploi ces temps-ci, mieux vaut rester dans le vague en ce qui concerne ce dernier aller retour.
Toujours est-il qu'en rentrant d'un rerererentretien à Paris, j'ai fait la connaissance de Christian le clochard. Quand Chistian est arrivé dans le wagon, il était bourré et a commencé à insulter tout le monde. Comme les autres gens lui demandaient de "fermer sa gueule sinon j'ten colle une connard", j'ai pris Christian en sympathie et me suis contenté d'un "mais enfin monsieur, arrêtez d'insulter tout le monde, personne ne vous à rien fait". Voyant mon pacifisme affiché, Christian m'a trouvé cool et a commencé à me parler.
Et il faut dire qu'il a eu une vie passionante Christian. D'origine Bretonne, Christian a beaucoup voyagé : c'est facile car comme il le dit lui-même "moi de toute façon j'men fous je paie pas mes billets de train. Et le contrôleur qui m'a demandé mon billet ! Le con ! T'imagine il m'a demandé mon billet ! Ha ha ha!". J'ai tenté de répondre que le boulot du contrôleur était effectivement de lui demander son billet et Christian ça l'a fait marrer.
C'est normal que ça l'ai fait marrer Christian parce qu'il a beaucoup voyagé en Afrique du Sud et au Chili sous Pinochet, alors c'est pas pour faire un Bordeaux-Lourdes qu'il va commencer à payer son ticket.
Sous Pinochet au Chili, il n'y avait pas de notion de tri des déchets, et c'est sans doute pour cela que Christian aime à jeter son allumette par terre après avoir rallumé son mégot préféré. De tout façon il s'en fout de fumer dans le train, il risque pas de payer une amande Christian parce qu'il n'a pas d'argent. Enfin, sauf les 700 euros qu'il garde toujours en réserve et qu'il ne dépense pas vu que c'est beaucoup plus rigolo de claquer l'argent des autres, ou mieux, leurs clopes qu'on peut après balancer sur le siège d'à côté !
Mais cela n'est pas grave car Christian ira au paradis : il prétend qu'au moins lui son sourire est franc et qu'il prie plus que les bonnes soeurs qui sont toutes des putes en mini-jupes qui lui refuse un verre d'eau à Lourdes. Ceci dit, vu le prix de l'eau de Lourdes je comprends un peu les soeurs mais je ne l'ai pas dit à Christian.
J'ai bientôt dû quitter Christian pour descendre. Il a eu juste le temps de me raconter ses aventures au Khazakstan et de m'inviter à m'interroger sur les religions car Christian trouve que c'est important de croire en un truc !
Dans notre série, "Ces Vieux Soulards qu'on aime bien", après le professeur Munichois et le pilier de bar Bruxellois, j'ai été heureux de rendre hommage à Christian le clochard.
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