Les fêtes de Bayonne...
Mercredi c'était l'ouverture des fêtes de Bayonne. Alors nous on a été à Bayonne. Les fêtes de Bayonne sont parmi les plus célèbres et les plus fréquentées, c'est donc une étape indispensable de tout festoyeur estival. Après tout c'est à Baba c'est à Yoyo c'est à Nene c'est à Bayonne, qu'on se Bibi, qu'on se Dodo, qu'on se Nene qu'on se bidonne...
Après une journée à la plage ponctuée par des grosses vagues, des nudistes et du panaché force 4 gratuit, Nico et moi nous rendîmes donc à Bayonne pour retrouver les autres. J'aime bien le passé simple ça fait tout de suite plus classe.
Nous retrouvâmes donc un petit groupe de gens sympathique et hautement motivés au détour d'une barraque à frite. Etant chauds comme ladite barraque nous partîmes voir la cérémonie d'ouverture des fêtes de Bayonne. En chemin nous remarquâmes nombre d'affiches réclamant l'indépendance du pays basque ce qui est paradowal car si l'on supprimait tous les non-basques des fêtes Bayonne perdrait les trois quarts de son chiffre d'affaire, ainsi que de nombreuses affiches contre les agressions sexistes ce qui est paradoxal aussi car si l'on supprimait tous les mecs bourrés qui foutent des mains aux culs des nanas qui passent Bayonne perdrait encore trois quart de son chiffre d'affaire. Et cela leur coûterait cher de se priver de six tiers de leur chiffre d'affaire...
L'ouverture des fêtes de Bayonne répond à tout un cérémonial qui tendrait à faire penser au non-initié que c'est autre chose qu'une très vaste beuverie... Rassurez-vous, il n'en est rien! Donc, un jeune du coin commence par chanter un chant Basque. Puis le gros Richard Dourthe, capitaine de l'Aviron Bayonnais, a crié un texte en Gascon qui souhaitait bienvenue à tout le monde: Basques, Gascons, et même les étrangers venant d'au-delà de l'Adour... Il est pas prêt de s'ouvrir le Pays Basque! Après Yannick Noah et deux autres gens plus ou moins connus ont jetés dans la foule les trois clés des trois quartiers de la ville. Enfin ce ne sont pas des vrais clés parce que sinon on risquerait de mourir en les prenant sur la tête et ce serait pas chouette. Après, le roi Léon fait son apparition et on tire un feu d'artifice assez chouette.
Cette année le sous-préfet avait dit que des sanctions très lourdes seraient prises contre les gens en état d'ivresse dans les rues, alors on a décidé d'être sage. D'ailleurs, Mélanie avait une belle salopette de fête toute neuve, du coup il ne fallait pas la casser tout de suite. Des qui n'avaient pas décidés d'être sages c'était la dizaine de gens dont l'intelligence ne sautait pas aux yeux et qui avaient décidés de détruire à coup de pieds et de poings un échaffaudage de tôle mis en place pour protéger une fontaine... Ces jeunes malotrus mettaient un coeur à l'ouvrage qui faisait plaisir à ceux qui pensent que la jeunesse n'a pas le goût de l'effort. Néanmoins, ils étaient tout de même hués par la foule. Nous on les traitait d'enculés, des gens leurs balançaient des bouteilles, eux ils montraient leurs culs... C'était chouette et on s'amusait bien. Au bout d'un moment, en fait une vingtaine de minutes, seuls deux olibrius restaient pour finir les tôles du toit de l'édifice. C'est à ce moment que les forces de l'ordre firent leur apparition. Ils étaient beaux, ils étaient fiers nos CRS courant vers le danger pour rétablir l'ordre et la justice. Seulement courir quand ça fait vingt minute que ça dure et qu'on était à quelques mètres, ça donne l'air con. Nos braves guerriers firent cercle autour de l'échaffaudage meurtri, bien décidés à être aux premières loges pour assister à la chute des dernières tôles. Les deux révoltés, en état d'ébriété manifeste, rassemblèrent leurs dernières forces pour défier la police. Avec courage, abnégation et goût du travail bien fait, ils enlevèrent une dernière tôle qu'ils jetèrent sur les représentants de l'orde. Ceux-ci, décidèrent qu'il était temps d'agir, d'autant qu'ils étaient là depuis dix minutes et que leurs ricards réchauffaient au poste. Prenant leur courage à deux main et donnant à la foule un exemple éclatant de ce qu'est le courage, ils envoyèrent trois hommes chercher du renfort (mais attention, toujours en courant). Alors, deux nouveaux CRS, grimpèrent à l'échaffaudage, à l'assaut des forcenés, qui après un baroud d'honneur méritoire furent arrêtés. Un petit coup de gaz lacrymogène pour évacuer les idiots sans se faire lyncher en même temps qu'eux et nos braves CRS repartirent, nous ayant montré ce qu'était l'efficacité de la fonction publique. Quant à nos amis vandales, après un état d'ébriété sur la voie publique, une destruction de bien publics, de multiples attentats à la pudeur, un trouble à l'ordre public, un refus d'obtempérer et une tentative de délit de fuite, je pense que leurs fêtes de Bayonne sont finies. Tant pis, c'est dommage il restait des tas d'autres trucs à détruire dans la ville mais ce sera pur une prochaine fois.
On est donc reparti. Mac protecteur, tenait sa cousine et l'amie de sa cousine en laisse. C'est très pratique pour ne pas se perdre. D'ailleurs il faudrait mettre un écriteau à l'entrée des fêtes de Bayonne: "Filles interdites, sauf tenues en laisse". Mais je ne sais pas si cela collerait avec l'absence de sexisme demandée par les affiches. Après on a bu. Et on a vu des touristes faire le paquito. On savait que c'était des touristes car ils faisaient le Paquito sur la mauvaise chanson. Je leur ai dit mais ils ont continués. Alors ami touriste qui prévoit d'aller à Bayonne ce week-end voici un petit conseil. Si tu entends une chanson traditionnelle qui rappelle le Paquito, chante! Si tu peux chanter "Allez allez, les bleus et blancs de l'Aviron Bayonnais", la chanson s'appelle la Peña Baïona et il ne faut pas faire le Paquito. Si tu peux chanter "Jevoudrais un petit ricard dans un verre à ballon", tu peux t'amuser car c'est le Paquito. Grâce à ton Nono, ami touriste, tu ne seras plus ridicule aux fêtes de Bayonne.
Après on a été voir un podium dans l'herbe. Avec Mac, on a dit à une fille de nous prendre en photo parce qu'avec Mac on est très beau et ça fait plaisir aux filles de nous avoir en photos parce qu'elles sont pas assez belles pour nous avoir en vrai. Mais la fille voulait quand même avoir Mac en vrai. Malheureusement, Mac choisit ce moment pour nous faire son coming out en allant boire avec les potes de la filles. Mélanie et moi ça nous a rendu triste qu'il ne veuille pas coucher avec la fille. Mais ça ne nous gène pas qu'il soit homosexuel, le seul problème c'est que même les potes de la fille il les a pas tirés finalement. Alors avec Mélanie on était pas content de notre Mac mais ça n'était pas grave parce qu'on l'aime toujours.
Après Nico a eu sommeil et on est partis. J'ai cherché un policier pour voir si j'étais négatif mais il n'y a pas de policier à Bayonne avec des alcootests lors des fêtes. Mais ce n'était pas grave car il n'y en a pas non plus à la sortie de la ville. Je pense qu'ils ont raison, vu les avertissements du sous-préfet se serait étonnant que quelqu'un ai été saoul lors des fêtes de Bayonne. Ce n'est pas le genre de la maison.
Mais les fêtes de Pampelune c'était chouette et on y retournera.