Circulation dense avec les loups
La vie est ainsi faite : parfois, un jeu de mot pourri vous viens à l'esprit et vous commencez un article dont vous ignorez tout du développement parce que vous avez décidé d'en faire votre titre. C'est un peu cette imprévisibilité qui donne du piment à notre existence.
Nous sommes donc partis, vendredi dernier, Rachel et moi pour aller en Ardèche. L'Ardèche c'est un département lointain du faux sud ou nous avions une fêtes à faire.
Le faux sud est très loin du vrai, nous sommes donc partis tôt. Un vendredi d'août : pas de problème, les gens partent le samedi ! Malheureusement, nous avons vite compris que ce postulat s'avérerait faux tout au long de la journée.
En fait, les gens partent quand ça leur chante, et ce jour là, ça leur chantait ! Toute la journée, nous avons donc eu une pensée émue pour les Autoroutes du Sud de la France et leurs panneaux "circulation dense", plutôt que de dire : c'est idiot de prendre l'autoroute, vous allez rouler à trente à l'heure, empruntez plutôt la nationale qui en plus est gratuite."
Nous avons donc fait l'inventaire, plus de dix heures durant de toutes les voitures que l'Europe peut contenir et qui se trouvaient sur la route avec nous. Rien de très grave car nous savons nous amuser : le premier qui voit une Peugeot Verte, le jeu de à quelle ville correspond cette plaque allemande... C'était très bien.
Puis, nous avons remarqué un détail amusant : les "automobilistes malins qui ont décidé de partir le vendredi plutôt que le samedi pour ne pas avoir de bouchons" et les "automobilistes malins qui ont décidé de partir le vendredi soir pour arriver le samedi dans la nuit pour ne pas avoir de bouchons" ont des horaires qui se chevauchent vu que ceux du vendredi se retrouvent bloqués dans les bouchons et empiètent sur la nuit, du coup cela permet d'avoir des bouchons sans discontinuer à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Et puis, vers onze heures du soir, après nous être restauré dans le Mac Donald's le plus pourri du monde dont je tairais le nom, nous nous sommes engagés sur les routes ardéchoises. Ce qui revient à des routes classiques, mais en plus petit.
Après une petite demi-heure de détour pour trouver la seule station essence de ce département hautement industrialisé à accepter les cartes bleues, nous avons laissé derrière nous les usines de crèmes de marrons pour monter vers notre destination.
Mon GPS me harcelait : "Veuillez garer la voiture et poursuivre la route à dos de mulet", mais je tenais bon mon volant, convaincu que ce qu'un mulet pouvait, mon Opel Corsa le pouvait également. De plus, nous entendions les loups au loin hurler à la mort et nous n'avions aucune envie de quitter notre voiture. Depuis qu'ils en ont réintroduit, les loups font énormément de victimes en Ardèche. Voyez au passage comme j'ai habilement récupéré les loups du titre.
Nous pensions avoir fait le plus dur, quand tout à coup, surgit un blaireau nous barrant la route. Heureusement, des mois de conduite parisienne ont aiguisé mes réflexes et je m'empressait de klaxonner en hurlant "tire toi de ma route, hé, blaireau !" Je pouvais donc passer, malgré la bête.
A ce moment là, notre voyage commença à devenir stressant : si le GPS nous lâchait, nous errerions irrémédiablement sans but dans ces collines jusqu'à la fin de nos jours, comme tant d'autre avant nous. Et notre appareil semblait prêt à démissionner : "retourner tout de suite dans une région où les routes sont goudronnées ! " hurlait-il à pleins poumons.
Pourtant, nous finissions par trouver notre point d'arrivée. Après un dernier rodéo dans un chemin de terre battue, nous étions rendus.
Ouf !
++
No