La course
Nous sommes cinq sur la ligne de départ. Je suis à l'extérieur : j'ai tiré un mauvais couloir et pourtant je suis confiant, sûr de ma force. Et la chance me sourit au départ : la femme à ma droite tente de passer en laissant son pass dans son sac, et elle n'arrive pas à ouvrir la barrière. Elle perd un temps précieux, la course est finie pour elle ! Pendant ce temps, je pose mon Navigo sur le capteur d'un geste sûr, passe le tourniquet et me retrouve avec du champ à ma droite.
Mes réflexes aiguisés par des années de course, c'est sans réfléchir que je plonge à la corde. Les deux candidats positionnés au centre ont le même objectif et ne regardent pas à leur gauche. Quand j'arrive lancé, je passe entre les deux sans qu'ils n'aient le temps d'esquisser un mouvement.
Nous nous retrouvons dans l'escalier, je produis mon effort. En une série de pas rapides et sûrs, je me porte à hauteur du dernier concurrent. Nous sommes au coude à coude en bas du premier tronçon. Je me sens fort et décide de passer à l'extérieur. A l'entrée de la deuxième volée de marche, je me place devant lui d'un changement d'appui vicieux. Je suis devant, la victoire me tend les bras.
Quand soudain, un nouvel adversaire fait son apparition. Il a traîtreusement coupé par l'ascenseur et se dirige rapidement vers les portes. Qu'importe car dans ce genre de course, aucune régle ne compte. L'instant est critique, la sirène retentit.
Sans réfléchir, je raffute le nouveau venu et sa poussée me projette vers l'ouverture. Je me réceptionne d'un roulé-boulé et les portes se referment aussitôt derrière moi.
J'ai gagné la course. J'ai eu mon métro !
A+
Nono