La fin de Ben Laden
Toujours à l'affut des scoops, la rédaction de Krankenkamel s'est procurée le rapport d'un soldat Américain ayant participé à l'opération qui s'est soldée par la mort d'Oussama Ben Laden. Par souci d'anonymat, nous l'appellerons John Smith. Les noms des autres protagonistes seront également modifiés.
"Dans l'hélicoptère, tout le monde était tendu. Depuis le temps que nous attendions ce moment, il s'agissait de ne pas se louper. Le sergent John Doe, en vieil habitué de ce genre de moments tentait de détendre l'atmosphère : "J'offre un fût de bière au premier qui réussit le carton ! Et en prime, celui-là aura le droit de garder les couilles de cet enculé en souvenir. Par contre, dans tout les cas, c'est moi qui viole sa femme. Droit d'ainesse les bleus !"
On riait à ces plaisanteries et on arrivait un peu à oublier l'enjeu. Rien de moins que la réelection du Président ! Les soldats aivaient été soigneusement sélectionnés parmi les démocrates du régiment. Enfin, nous nous sommes posés devant la maison. Enfin, façon de parler, car notre pilote, John Parker, s'est tellement bidonné avec les blagues du sergent qu'il a planté l'hélico. Autant dire que notre colonel John Sullivan fasait un peu la gueule à l'arrivée. "On y va, et plus de conneries, nous a-t-il ordonné d'un ton sec. Et rappelez-vous de prendre de belles photos quand vous l'aurez crevé. Et mettez son cadavre sur le dos qu'on puisse bien faire le montage avec le président posant son pied sur sa poitrine. Et n'abimez pas trop sa tête, on la mettra au bout d'une pique pour pouvoir la montrer lors des meetings de la campagne."
Alors, nous avons fonçé vers la maison. Il y avait deux barrières de sécurité que nous avons facilement passé. Les deux gardes du corps qui dormaient à moitié ont été flingué sans autre forme de procès : nous n'avions pas le temps de faire de détail. Ensuite, nous n'avons rencontré que des femmes. On était content parce que ça nous ferait plus de monde à violer une fois la mission terminée. C'est alors que le Sergent qui avait pris de l'avance nous a arrêté devant une porte. "Il est là-dedans, nous a-t-il dit, avant de crier : rends toi Ben Laden !"
Contre toute attente, au bout de quelques secondes, nous avons entendu : "D'accord, je n'ai pas d'arme de toute façon." Et là, ça a été la panique. Le sergent Doe a appelé le Colonel : "Sir, on a un problème : il ne riposte pas, il se rend.
- On se doutait que ça pouvait se produire. Envoyez le négociateur, répondit notre chef d'un ton serein."
C'est alors que John Ford, notre spécialiste de la négociation est arrivé. Il était très content John. D'habitude, comme on ne négocie pas avec les terroristes, il s'ennuie un peu. Alors, ça lui faisait plaisir de servir à quelque chose cette fois-ci. "Je vais entrer négocier les termes de votre redition, cria-t-il avant de pénêtrer seul dans la pièce. Nous on entendait ce qu'il se disait :
"Alors, comme ça, vous voulez vous rendre ? Vous ne voulez vraiment pas riposter ? Demanda John d'un ton diplomate.
- C'est-à-dire que ça ne m'enchante pas vraiment, répondit Ben Laden dans un très bon anglais, mais en même temps vous êtes trente et moi je n'ai pas d'armes, alors...
- Non mais attendez, si c'est juste pour ça, on vous donne une arme nous. On est fair play quand même ! Vous autres, faites passer une Kalachnikov pour Monsieur Laden. Sinon, il peut pas riposter."
Alors, nous, on a récupérer le fusil d'un des gardes du corps morts et on l'a fait passer à l'intérieur. La discussion a alors repris :
" C'est bon, alors, on est d'accord, vous ne vous rendez plus et vous riposter ?
- Comme vous le dites ça semble alléchant, seulement à un contre trente, je préférerais quand même me rendre.
- Mais enfin, Monsieur Laden, il ne faut pas être défaitiste comme ça. On peut gagner à un contre trente. Vous avez vu "Mon nom est Personne" ? Vous avez lu "Cyrano de Bergerac" ? Ca ne vous plairait pas de devenir un grand héros comme ça ?
- Je vous le redis : c'est tentant. Mais en même temps, l'idée d'un procès n'est pas pour me déplaire, ça me fera une tribune et il me restera une petite chance de jouer la menace d'attentat pour m'en tirer avec perpétuité.
- Pas vous, Monsieur Laden. Pas de procès. Vous qui avez toujours été un rebelle, vous n'allez quand même pas vous laisser écraser par un système judiciaire castrateur et liberticide. Vous êtes fait pour écrire vos propres lois. Non franchement, moi je serais vous, je riposterais. Et puis, ils ne sont pas si méchants mes soldats vous savez ? Venez vous autres, cria-t-il. Venez montrer à Monsieur Laden comme vous avez l'air gentils."
Alors, on est entré et on a encerclé Ben Laden et John Ford. C'était un peu tendu parce qu'il fallait qu'on attende qu'il nous attaque pour tirer. Sinon, c'était mal parce que des Suisses idiots on dit qu'on ne devait pas tirer sur quelqu'un qui ne ripostait pas. La discussion est repartie de plus belle :
"Même s'ils n'ont pas l'air si méchant, ils sont quand même bien dans les trente, a argumenté Oussama.
- Non mais parlons franchement. Vous n'êtes pas fait pour discuter avec des infidèles dans notre genre. Vous votre truc c'est de nous massacrer. Vous imaginez une fois que vous aurez tué de vos mains trente commandos Américains ? Quel respect parmi vos hommes ! Somme toute, c'est un risque à courir. Vous ne le regretterez pas !
- Je suis pas sûr d'avoir l'occasion de le regretter justement. Non mais vraiment, vous voulez pas m'arrêter ?
- Ca nous embête un peu, rapport à tout ce qui est procès, tout ça. Je vais pas vous mentir, si vous ripostez ça nous arrange. En plus, une belle Kalach' comme ça c'est fait pour servir ! Regardez comme elle a l'air triste qu'on ait buté son maître dans son sommeil et qu'elle n'ait pas eu l'occasion de servir !
- Je suis pas convaincu. J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je suis pas convaincu.
- Réfléchissez-y : que ferait Saladin dans votre situation ? Vous ne croyez pas qu'il riposterait ? Vous êtes un guerrier tout de même Monsieur Laden. Si vous ne ripostez pas, qu'est-ce-qui vous reste dans la vie ? C'est votre raison d'être de tuer des gens non ?
- C'est que d'habitude on les tue à ma place. Notez que si vous voulez bien attendre une heure ou deux, je vous trouve cinquante gars qui seront heureux de venir riposter de ma part !
- Oui, mais le problème, c'est qu'on a un planing très strict. Allez, je vois bien que vous êtes pas emballé alors je vais vous proposer un deal : on va tous femer les yeux pour vous laisser tirer en premier, d'accord ? Demanda John, jouant sa meilleure carte.
- Je ne sais pas si ça va trop m'aider vu l'épaisseur de vos gilets par balle. Et si vous me prêtiez un hélico, ça ne pourrait pas le faire ?
- Soyons sérieux, Monsieur Laden, on ne va quand même pas rentrer chez nous à pied et en plus on en a planté un sur deux, donc ce serait dommage de perdre l'autre."
La discussion s'éternisait et nous étions de plus en plus tendu. Malgré tout son talent, notre négociateur ne parvenait pas à raisonner le forcené. Appuyé sur sa mitraillette, Ben Laden contrait tous ses arguments avec une facilité déconcertante. Il n'était pas devenu l'ennemi public numéro un pour rien, il fallait reconnaître qu'il connaissait son affaire. Soudain, la discussion fut interrompue par un cri du sergent. Sa voix sonna pour nous comme une libération :
"Oh mon Dieu ! Il va tirer !"
Justice has benn done...
Nono