La fin du monde dans dix minutes
Aujourd'hui, comme tous les jours au nord de la Midouze, j'étais à la gare. Je suis monté dans le train de 17h37 pour rentrer chez moi prendre un repos bien mérité. A 17h35, j'étais tranquillement dans le train à jouer au poker sur mon téléphone (je vais bientôt m'arrêter de travailler pour devenir joueur de poker professionnel quand je serais grand, alors je m'entraîne beaucoup).
Et puis, à 17h36 et trente secondes, mon wagon était plein, alors les gens se sont mis à courir pour atteindre les wagons suivants. Et il fallait les voir. Quelle débauche d'énergie pour des gens dont la plupart n'ont probablement pas fait de sport depuis des années. Ils couraient comme si la gare avait été en feu et que leur seule chance de survie était de prendre place dans ce train.
En fait, des trains il y en a un toutes les dix minutes. Et les gens ils ne fuyaient pas l'incendie, ils voulaient juste rentrer chez eux. Du coup, ils n'auraient pas brûlé et ne seraient pas morts dans d'horribles souffrances si ils avaient attendu le train de 17h47. Cela méritait-il de ruiner ses chaussures de ville en courant comme un dératé sur un quai en bitume en tenant sa sacoche d'ordinateur portable dans une main et un journal gratuit dans l'autre ?
Ou alors, c'est qu'ils avaient peur de louper le début de Questions pour un champion. C'est vrai, que des fois c'est embêtant quand on loupe le début on n'a pas la présentation des candidats et si ça se trouve on ne se rappelle plus combien de victoires a déjà le champion. Mais imaginez qu'il y en ait un qui se mette à courir et meurt sur place d'une crise cardiaque. Là le mec, il sera mort pour dix minutes. Accepter de perdre dix minutes de sa vie sur un quai ou accepter de risquer toutes les minutes suivantes, quel dilemne cornélien !
Il y avait une chanson de Cali sur ce qu'il ferait si on lui annonçait la fin du monde pour dans dix minutes. Lui il pensait à faire quelque chose avec des fesses. Les Parisiens, eux, ils savent ce qu'ils feraient : ils couraient plus vite que le vent pour choper le train qui part avant la fin du monde !
Ahhhh, Paris...
Nono