La morale selon les gros boeufs

Publié le par Nono

L'autre jour, on a été voir la dernière tuerie de mon copain Sylvestre : Expendables. C'était très chouette avec beaucoup de gens qui mourraient de pleins de façons différentes, genre : "Hé les gars, comment je le tue celui-là ?

- Bin flingue le.

- Bof, j'en ai déjà flingué trente-deux dans cette scène ça devient lassant.

- Tu pourrais ptèt le brûler ?

- Arrête, j'en ai fait flamber vingt-huit déjà !

- Bon, tu l'égorge alors.

- T'as rien qu'on ai pas encore fait ?

- J'sais pas. Si tu l'étranglais à mains nues sinon ?

- Bah ça fait chier, à force de me crisper les doigts sur ma mitrailleuse, j'ai les mains toutes gercées !

- Tiens, je te file une corde, ça fera garrot.

- Ah ouais, chouette !"

 

Bref, cette joyeuse équipe qui sens bon la sueur, le sang et les anabolisants tue quelques milliers de gens très méchants. Mais ce n'est pas pour cela que nos justiciers sont immoraux. Bien au contraire, ils ont une échelle de valeur.

 

Par exemple, ce n'est pas parce qu'on a tué la veille quarante-deux personnes dont vingt-cinq ont été brûlés vifs de manière totalement gratuite, juste pour se défouler, que l'on devient insensible. En effet, on garde assez de bon sens pour savoir que mettre une gifle à une femme, ça c'est vraiment dégueulasse et que l'auteur d'un tel geste doit immédiatement mourrir dans d'horribles souffrances.

 

Ensuite, ce n'est pas parce que vous êtes un fou sanguinaire que l'amitié ne compte pas. Et c'est bien connu que les vrais amis meurent ensemble. D'ailleurs, quand vous respectez quelqu'un, il ne faut pas hésiter à le lui prouver, en lui offrant un grand couteau encore tout sanglant.

 

On a aussi le droit de raser la moitié d'une île, mais uniquement quand c'est pour sauver une demoiselle en détresse.

 

Enfin, être rancunier, c'est mal : si quelqu'un essaie de vous tuer, vous tire dans le coeur mais finalement vous rate, oubliez tout ça et redevenez copain avec lui à votre sortie de l'hopital !

 

Suivez tous ces conseils et vous deviendrez bien-vite un véritable gentleman massacreur, capable de planter un couteau dans une cible à cinq-cent mètres, et même d'avoir des regrets d'avoir tué autant de monde en fin de carrière. Si ça se trouve, vous connaîtrez même la consécration lorsque le méchant vous sortira le fameux "tu sais, nous ne sommes pas si différents", présents dans tous les films d'actions depuis la fin du cinéma muet !

 

Il était très bien ce film !

 

++

No

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Publié dans krankenkamel

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