Le calme et le silence

Publié le par Nono

Quand on est Parisien, le besoin de fuir la foule se fait parfois sentir. L'envie de partir en week-end se ressourcer là où il n'y a personne est quelquefois irrésistible. Cela a été le cas pour Rachel et moi dimanche, et nous sommes donc allés dans notre bureau de vote.

En entrant dans l'école réaménagée pour l'occasion, nous nous sommes immédiatement sentis coupés du monde. Le silence de cathédrale était seulement troublé par les pages d'un magazine tournées par la responsable du lieu. Cette-dernière s'approcha de nous à pas feutrés, comme pour ne pas troubler la sérénité de l'endroit. Je la saluai et fus surpris par l'écho qui répéta ma voix pendant plusieurs dizaines de secondes.

Elle nous sourit et demanda :
"Quel âge a votre enfant ? C'est pour une première inscription ?
- Quoi ?
- Oui, pour les inscriptions c'est bien ici. Mais je ne pourrai pas vous faire les papiers aujourd'hui : en fait nous sommes ouverts parce qu'il y a une élection !
- Et du coup, le premier truc que vous vous dites quand des gens entrent dans le bureau de vote, c'est qu'ils viennent inscrire un gamin à l'école ?
- Vous savez, j'ai l'oeil. Et puis les jeunes couples, j'en ai vu défiler beaucoup dans cette école. Parce qu'il y a aussi des gens qui passent pour autre chose. Tout à l'heure on a eu quelqu'un qui cherchait une boulangerie.
- Euh, bon. On repassera dans la semaine pour l'inscription. Mais tant qu'à être là, on va voter.
- Vous avez raison, ça ne peut pas faire de mal. Je crois qu'on vote pour les cantons aujourd'hui.
- Oui c'est sûrement ça. Vous n'avez eu personne d'autre que nous pour l'élection ?
- Non, je crois que tout le monde s'en fout un peu..."

La dame eut un peu de mal à retrouver les enveloppes et l'urne, mais nous pûmes finalement voter !

Une fois bien ressourcés dans le désert électoral, nous rentrâmes chez nous l'esprit libre.

Tout ça pour dire que personne n'a voté hier. Mais aujourd'hui, bizarrement, tout le monde a son mot à dire sur le résultat... Que c'est lourd à porter tous ces regards soupçonneux des abstentionnistes qui se disent que peut-être vous faites partie des 25% ! Il faut sans cesse se justifier, expliquer qu'on n'est pas extrémiste. De vrais garants de la République, ces gens qui ne votent pas !

++
Nono

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Publié dans krankenkamel

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