Les bébés du wagon
L'une des plus grosses plaies lorsque l'on est dans un wagon, ce sont les bébés. Dans le mien, la dernière fois, il y en avait trois. Par souci de simplicité, nous les appellerons Marcel, Mamadou et Sakura.
Mamadou, le bébé noir, était le plus grand. Il marchait un peu, il connaissait quelques mots.Cela en faisait le meneur du groupe, respecté par ses deux amis.
Marcel, c'était le bébé chatain clair dans son siège auto, installé au rang de l'autre côté par rapport à moi et qui agitait son hochet. C'était la première fois qu'il prenait le train.
Sakura c'était la petite asiatique, trois rangs plus loin. Elle était en train de faire ses dents et n'était pas très rassurée.
D'ailleurs, c'est elle qui a commencé à pleurer, au premier tunnel, car elle avait peur du noir. En entendant cela, Marcel qui était sage, s'est dit qu'il y avait sûrement matière à s'inquiéter si quelqu'un pleurait. Du coup, il s'est mis à pleurer aussi. Ces cris ont excité Mamadou qui voulait savoir ce qu'il se passait et s'est évadé de son siège.
Il est arrivé près de Marcel qui était en train de reprendre son calme dans les bras de sa mère et lui a dit de ne pas s'inquiéter, en langage de bébé. Constatant que Sakura était également apaisée, il est retourné à sa place.
Là, sa mère lui a tendu son biberon. Il n'en voulait pas. Il voulait être arrivé. Il n'était pas arrivé. Voilà une bonne raison pour jeter le biberon par terre et se mettre à hurler en trépignant. Ce n'est quand même pas juste de ne pas être arrivé.
Compatissants, Sakura et Marcel se sont remis à crier.
J'ai passé un très bon voyage !
++
Nono