Week-end Breton !
Après le mariage, nous avons décidé de partir en Bretagne parce que ça n'était pas loin et que nous n'avions qu'un week-end.
Nous sommes donc partis vaillamment vers le soleil couchant à bord de notre fidèle Opel Corsa. Pour être exact, nous sommes partis face au gros nuage gris qui obstruait le ciel vers l'ouest. Car comme chacun sait, dès qu'on franchit vers l'ouest la frontière de l'Ile-de-France, on ne rencontre plus le beau temps avant d'être en Amérique.
C'est donc sous une pluie battante que nous avons visité la Normandie, avant de rentrer en Bretagne et de nous arrêter dans la bonne ville de Fougères. C'est là que nous avons compris pourquoi les panneaux de villes sont encadrés de rouge : sans cela, nous n'aurions jamais repéré que nous rentrions dans une localité, l'épais crachin nous empêchant de voir à plus de 17 centimètres.
Après une visite rapide de ce que nous savions désormais être une ville, nous sommes allés prendre nos quartier dans la charmante chambre d'hôtes que nous avions réservé.
Après une nuit calme, nous avons été visiter le château de Fougères. Enfin, du moins c'est ce qu'on nous a dit, car pour être honnête, dans la mesure où la pluie nous empêchait de voir où nous nous trouvions, nous aurions aussi bien pu être tout à fait ailleurs sous notre parapluie à écouter un guide nous hurler des choses à propos du château de Fougères. Oui, car en Bretagne il faut toujours hurler si on veut se faire entendre malgré le vent.
Ensuite, nous sommes allés à Vitré. Il y avait aussi un château qui était dans le même style architectural que celui de Fougères : gris et humide. Là, nous sommes tombés sur un mariage et nous sommes rendus compte que les Bretons sont bien organisés pour la pluie durant les mariages : ils ont tous de grands parapluies transparents pour ne pas gâcher les photos !
Et puis, nous avons mangé des crêpes, comme à chaque repas en Bretagne, et nous sommes allés nous coucher !
Le lendemain, nous avons pris, sous la pluie, la direction de Saint Malo. Quand nous nous sommes garés, la pluie s'est arrêtée brusquement. Les Bretons lançaient au ciel couvert des regards étonnés et craintifs : l'un d'entre eux nous a indiqué qu'il pleuvait sans discontinuer depuis près de trente-cinq ans et que tout le monde avait oublié comment était un ciel juste couvert.
Nous en avons profité pour aller faire un tour sur la plage. A Saint Malo il y a des forts sur les plages qui servaient autrefois à défendre la baie. Les ennemis de la France avaient bien compris qu'en passant par là ils ne se feraient repérer que lorsqu'ils se trouveraient à dix-sept centimètres de la côte. Mais à ce moment-là, les fiers Armoricains les accueillaient à l'aide de canons à très courte portée !
Nous sommes donc allés visiter un ancien fort. Et c'est là que le drame s'est joué : le soleil a soudain perçé les nuages pour la première fois depuis près de deux siècles. Les Bretons se sont alors rués vers les abris les plus proches en se protégeant de leurs cirés jaunes. L'un d'entre eux, frappé par un rayon direct, se consuma en quelques secondes. Les touristes étaient un peu interloqués de découvrir qu'en fait les vampires, c'est les Bretons !
Nous avons profité qu'il y ait moins de monde sur la plage pour aller voir la tombe de Châteaubriand, sur un rocher surplombant la baie. Je m'adressais alors à l'écrivain : "vas y, dis-je, sors-moi une mémoire d'outre-tombe si t'es cap'". Rien ne vint. J'ai toujours été convaincu qu'il bluffait celui-là.
Après nous être promenés sur les remparts, nous avons pris le chemin du retour.
Mais la Bretagne, c'était chouette et on y retournera... Avec des bottes !
++
No