La véritable explication... l'article de Jean-Claude André

Publié le par Nono

Il y a quelques temps, les fans de Star Wars se sont retrouvés en plein émoi... La raison ? L'absence de Luke Skywalker sur l'affiche du prochain film. Afin de les rassurer, nous publions ici cette fan fiction de Jean-Claude André qui donne la véritable explication de cette absence ! Nono

 

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...

LA GUERRE DES ÉTOILES

Le Jedi prend un coup de soleil

Le temps de la guerre est terminée pour ceux qui ont tant fait pour préserver la galaxie des forces du mal. Retiré sur sa planète de Tatooine, Luke Skywalker partage désormais son temps entre sa famille et ses cours dispensés aux apprentis Jedis. Mais les héros de la lutte contre l’Empire restent partout un symbole pour les peuples libres de la Nouvelle République. Aussi sont-ils très sollicités pour faire de la représentation. Le Jedi doit ainsi prochainement participer à un shooting en vue de la réalisation d’une affiche avec Han, Leïa ainsi que Chewbacca...

 

Alors que les deux soleils de Tatooine dardaient de leurs rayons sur une chaude après-midi, Luke Skywalker tentait de se contrôler. « Ne te laisse pas envahir par la colère », se répétait-il comme un mantra, se rappelant ce que Maître Yoda lui aurait dit dans cette situation.

« R2, dit-il d’une voix qui se voulait calme, que t’avais-je demandé à propos de ce laso-parasol ?

- Bip ziu biiiiiip, répondit le droïde, d’un air penaud.

- Tu le sais qu’il est en panne depuis une semaine. Qu’est-ce que tu avais de plus important à faire que de me le réparer ?

- ziip buiiiii !

- Non R2, n’essaye pas d’accuser 6PO, tu sais très bien que c’était ton travail. »

R2-D2 se retira avec le laso-parasol, laissant son maître seul. Le Jedi prit quelques secondes pour sentir les rayons des soleils sur son visage. En dépit de tout ce qu’il avait pu vivre ici, il aimait toujours autant la planète de sa jeunesse. Loin du froid de Hoth, loin des marais de Dagobah, il coulait ici des jours heureux entre ses cours aux apprentis jedis, ses droïdes et sa femme. Ses enfants avaient depuis longtemps quitté la planète pour aller trouver du travail dans les mondes centraux. Même s’il essayait de s’y rendre le plus souvent possible, il n’appréciait plus l’agitation qui régnait là-bas.

Aujourd’hui, il était en paix. A quelques petites choses près.

Il s’installa sur sa chaise-longue sur coussin d’air et tapota un code sur l’accoudoir de gauche. Celui-ci s’escamota et il en sortit une bouteille de bière d’Endor qu’il se mit à siroter. Les Ewoks étaient des êtres insupportables mais ils restaient les meilleurs brasseurs de la galaxie. Jamais il n’avait pu avouer à quiconque que c’était son aversion pour ces oursons stupides qui l’avait poussé à aller au-devant de Dark Vador il y avait bien des décennies. L’Alliance, l’Empire. Cela lui semblait avoir eu lieu une éternité auparavant.

Se forçant à sortir de sa rêverie, il s’empara de son dictaphone à neutrons et reprit le cours qu’il préparait en ce moment pour sa nouvelle promotion de padawans.

« Et c’est pourquoi, déclara-t-il tout haut, on peut affirmer comme le disait maître Yoda : "à moment tout, en la force confiance avoir tu dois." Par ailleurs, on peut affirmer que le jedi...

- Luke ! Luke ! l’interrompit la voix de son épouse.

- Qu’est-ce qu’il y a ma belette du désert ? demanda Luke d’une voix où l’impatience s’entendait à peine. »

Bien des années après leur mariage, Luke aimait toujours profondément Mara. Cependant, comme dans bien des couples, les choses n’étaient plus les mêmes qu’à leur début. Quand ils s’étaient rencontrés, ils combattaient chacun pour un camp opposé. Et puis, la lumière de la Force avait illuminé la jeune femme et Luke l’avait aidée à revenir du côté Clair. Ensemble, ils avaient fait de beaux enfants et remporté de superbes victoires au nom de la Nouvelle République. Aujourd’hui, elle constituait le pilier de la petite entreprise familiale qu’ils avaient repris sur Tatooine.

Mais de plus en plus souvent, il retrouvait chez sa femme les traits de caractères qui avaient fait d’elle une proie facile pour le côté obscur. Cet énervement permanent, cet empressement, ces craintes...

Même pour la patience d’un jedi, Mara était sacrément pénible à vivre !

« Ton costume, reprit-elle, tu as pensé à aller le chercher chez le Toydarian ?

- Euh, c’était aujourd’hui ? demanda Luke innocemment tout en réalisant qu’il avait totalement oublié et que ça allait être sa fête.

- J’étais sûr que tu allais oublier, rétorqua Mara du ton professoral qu’il détestait. Crois-moi, tu ne vas pas t’en tirer comme ça ! Tu vas y aller tout de suite !

- Je vais envoyer 6PO, répondit le Jedi d’un ton las. Je travaille !

- Tu sais très bien que ce fichu droïde n’a jamais été capable de piloter le speeder ! Tu iras toi-même, asséna Mara d’un ton sans réplique.

- Je te dis que j’ai à faire, protesta faiblement Luke. Il faut que je prépare ce cours, je vois les padawans par holo-communication dans deux cycles standards. J’aurais l’air malin si je ne sais pas quoi leur raconter.

- Eh bien, tu n’auras qu’à leur refaire pour la millième fois l’histoire de la destruction de l’Étoile Noire. Ca suffit toujours à les impressionner. Entre nous, ils sont pas très futes-futes tes apprentis !

- Ne te moque pas de mes cours ! répondit Skywalker aussi calme que possible. Ils comptent beaucoup sur moi et la Nouvelle République a besoin de jedis parfaitement formés ! Peut-être que pour toi je ne suis qu’un vieil imbécile, mais pour eux, j’ai un grand prestige figure-toi.

- Bla bla bla, ça y est, ça va recommencer ton cirque. "Il faut me respecter" et "j’ai quand même sauvé la princesse Leïa" et "j’ai détruit l’Étoile Noire alors que tout le monde perdait espoir" cita-t-elle en l’imitant à la perfection.

- Eh bien oui, j’ai fait tout ça ! Ca te pose un problème ? demanda Luke d’un ton qu’Obi Wan n’aurait pas approuvé.

- "Le meilleur pilote d’X-Wing de la Galaxie", continua-t-elle, "le grand commandant des forces rebelles face à l’Empire du mal", "le symbole absolu du renouveau de l’ordre Jedi". Mais mon pauvre vieux, ton X-Wing tu ne rentres même plus dedans ! Ton gros bide déborde du cockpit ! C’est pour ça que tu comptes aller à ce shooting en navette commerciale !

- J’y vais en navette commerciale parce que je fais attention à l’environnement ! dit le Jedi, laissant sa colère l’envahir bien plus violemment que jadis face à l’empereur Palpatine. Alors excuse-moi d’avoir conscience qu’on a une seule galaxie et qu’il faut la préserver. Et excuse-moi d’être un peu modeste et de ne pas vouloir me la péter en arrivant en X-Wing à ma séance photo. Mais crois-moi, le jour où une saloperie de sith vient nous emmerder avec une armée meurtrière, alors là ils vont comprendre qui est le meilleur pilote de putain d’X-Wing de toute cette putain de galaxie !

- Ah ouais ? insista Mara, bien décidée à avoir le dernier mot. Et ce Kylo Ren dont tout le monde parle en ce moment ? Il l’a bien compris que tu allais lui mettre une rouste ? C’est pour ça qu’il a réuni vingt mille stormtroopers et qu’il attaque des planètes à tour de bras : parce qu’il a peur du retour du grand Luke Skywalker ?

- Mais quand je veux je me le fait. Ce Kylo Ren, pfff, j’ai affronté l’Empereur Palpatine moi ! Alors quand ça me chantera, je vais prendre mon X-Wing et aller en faire des côtelettes ! Mais là, je travaille !

- Eh bien travaille alors ! Et vas-y habillé comme un homme des sables à ton shooting ! Mais surtout, quand tu auras l’air d’un gros bantha à côté de Han, ne viens pas pleurer ! Et ton X-Wing, si tu veux le reprendre un jour pour aller sauver l’univers, tu ferais peut-être mieux de réparer l’hyper-propulsion !

- Mais elle va très bien l’hyper-propulsion ! Laisse moi finir ce cours et je pars chez le Toydarian, ma petite renarde des sables, conclut Luke en puisant dans la Force afin d’obtenir le calme suffisant pour tenter d’apaiser la situation. »

Ouvrant ensuite son dictaphone à neutrons sur une autre piste que celle où il enregistrait sa conférence, il dit tout bas : « penser à réparer l’hyper-propulsion de l’X-Wing ».

Ceci étant fait, il s’aperçut que sa bière était vide. Utilisant ses puissants pouvoirs télékynésiques, il se concentra sur le réfrigérateur à particules gamma. La porte s’ouvrit alors et une nouvelle cannette voleta gentiment jusqu’à la chaise longue du Jedi. Ce n’était pas très raisonnable et il en était conscient, mais les soleils tapaient fort et il faisait très chaud. S’il avait eu un laso-parasol en état de marche, il n’aurait pas eu besoin de boire autant. En somme, c’était la faute d’R2. Il prit une longue gorgée pour s’éclaircir la voix et reprit :

« Maintenant que vous avez bien compris l’importance de faire confiance en la Force, j’aimerais vous parler d’un point particulièrement important : vos pouvoirs ne doivent en aucun cas vous faire oublier que vous pouvez vous faire tuer par un simple droïde de sécurité armé d’un pistolaser vétuste, si vous faites preuve d’un excès de confiance. En somme, ayez modérément confiance en la Force. Et surtout, ne privilégiez pas la Force au détriment du fond ! »

Luke s’essuya le front qui suait à grosses gouttes et reprit une gorgée. Ayant une idée soudaine, il sortit son communicateur de poche et appela son fidèle Z-6PO :

« 6PO, dit-il, je voudrais que tu me rendes un service.

- Qu’y a-t-il pour votre bon plaisir, Maître Luke ? répondit aussitôt le droïde de sa voix haut perchée.

- Je voudrais que tu appelles les Jawas du camp d’à-côté pour qu’il viennent jeter un coup d’œil à l’hyper-propulsion du vaisseau. Mais attention, sois discret : Mara ne doit rien savoir.

- Maître Luke, vous me voyez fort gêné. Maîtresse Mara m’a bien dit m’arranger pour ne jamais avoir affaire à ces Jawas. Elle les considère tous comme des voleurs. Et si vous voulez mon avis, elle a bien raison ! Je me rappelle encore avec effroi ce qu’ils nous ont fait subir dans les entrailles de cet horrible véhicule à chenilles.

- Oui, bon. C’était il y a longtemps 6PO, passe à autre chose ! Tu m’appelle les Jawas, et tu leur dit de venir de nuit, d’accord ? Ils s’en fichent, ils y voient dans le noir. Je m’arrangerai pour que Mara ne se doute de rien, et comme ça elle aura la surprise...

- Maître Luke, je ne suis pas sûr que cette surprise lui fasse plaisir.

- Bon, fais ce que je te demande. Tu vas t’en sortir avec ces Jawas ?

- Bien sûr, n’oubliez pas que je maîtrise six millions de formes de communication. Cependant,...

- Comment six millions ? Tu n’en as pas appris une seule nouvelle depuis tout ce temps ? Il va vraiment falloir que tu arrêtes de te reposer sur tes lauriers. Bref, contacte les aujourd’hui.

- Maître Luke, s’il m’est permis d’émettre une objection...

- Pas d’objection. Merci 6PO. »

« Voilà au moins un problème de réglé » se dit le Jedi en raccrochant. Mais il réalisa également qu’il aurait peut-être été préférable de confier cette tâche à R2 tant la légendaire lâcheté de son droïde de protocole pouvait faire capoter l’affaire. Si jamais il prenait peur et se mettait à hurler en voyant les Jawas arriver, Mara s’en rendrait compte à coup sûr. Bah, maintenant que c’était fait, autant s’en remettre à la Force... et aux six millions de formes de communication que Z-6PO maîtrisait.

Luke réalisa avec amusement que cela faisait six millions de plus que Chewbacca. Et dire qu’en plus de deux cents ans d’existence, le Wookie n’avait jamais réussi à apprendre à parler. Tout le monde en était réduit à faire semblant de comprendre ses grognements ineptes pour ne pas le fâcher. Récemment, l’animal avait cassé les deux bras à Lando Calrissian qui avait eu le malheur de lui passer le sel au lieu du poivre lors d’un dîner des anciens de l’Alliance Rebelle.

Les gens peu éduqués, se fiant uniquement au physique des créatures, prenaient parfois ces cris et ces grognements pour le langage des Wookies. C’était une erreur. La véritable langue de ce peuple était belle et riche. Elle avait des sonorités agréables et variées. Certains parmi les plus beaux poèmes qu’il avait été donné à Luke d’entendre étaient les créations d’artistes Wookies. Quel dommage que dans cette galaxie violente, les individus les plus fins ne soient pas ceux les plus mis en avant.

Pendant longtemps, le Jedi n’avait pas compris pourquoi Han s’était entiché de cette horrible boule de poils. Et puis, de manière étonnante, il s’était mis à l’apprécier à son tour, un peu comme les voyageurs du désert aiment leurs banthas. Si une nouvelle guerre se déclenchait, Chewbacca aurait, comme toujours, son utilité : celle d’une brute épaisse aisément sacrifiable comme il en faut dans toutes les armées. Luke était finalement heureux de le revoir bientôt pour la séance photo. Même s’il plaignait d’avance les coiffeurs qui auraient la lourde tâche de le rendre présentable. Cependant, il réalisa qu’il devait s’y remettre cessa de s’appesantir.

Rouvrant le dictaphone, il reprit :

« En effet, vers la fin de l’Ancienne République, les jedis se sont révélés trop sûrs d’eux, ce qui a précipité leur perte. La guerre des Clones a ainsi démontré les limites de la stratégie consistant à foncer dans le tas à un contre dix-mille. Même si cette tactique peut avoir du bon, notamment parce qu’elle permet d’impressionner les jeunes femmes en faisant une entrée fracassante (surtout si vous arrivez sur le champ de bataille en faisant un quadruple salto arrière avant de jeter au visage de votre ennemi : "votre règne de terreur se termine ici"), elle vous met en risque de mourir rapidement si vous en usez trop fréquemment. On estime ainsi à 367 le nombre de jedis décédés moins de cinq minutes avant l’arrivée de leur armée, qu’ils avaient tenu à précéder pour d’obscures raisons. Ce nombre aurait pu être encore plus grand, si durant la bataille de Géonosis, Maître Yoda n’avait pas eu la présence d’esprit d’arriver à la tête d’une armée et non avec sa bite et son sabre laser comme l’avaient fait ses camarades qui se retrouvaient bien bêtes, encerclés comme ils l’étaient dans l’arène Petranaki par l’armée du Comte Dooku. »

Peu satisfait de sa dernière phrase, il revint en arrière et la réenregistra en choisissant des mots plus appropriés. Puis, il continua son explication :

« Ainsi, lors de ma confrontation avec Jabba le Hutt et ses hommes, le fait de foncer dans le tas pour tuer tout le monde à moi tout seul ne constituait que mon plan B. Heureusement, la Force était avec moi ce jour-là. »

Heureux de ce nouveau passage, il décida de s’offrir une petite pause. Les soleils le réchauffaient agréablement, la chaise-longue était confortable et un petit vent qui lui parvenait de la direction de ses vaporateurs d’humidité le rafraîchissait un peu.

Comme Yoda le lui avait appris bien des années auparavant, il se concentra sur lui-même et vida son esprit. Soudain, il était calme, en paix, passif.

Il s’endormit rapidement.

Quand il se réveilla, l’après-midi touchait à sa fin et les soleils offraient une lumière rasante de toute beauté sur les dômes de la ferme hydroponique. Luke s’aperçut alors qu’il avait soif. Il avait dormis longtemps. Il devait rapidement finir son cours et filer chercher son costume, s’il ne voulait pas se faire sacrément engueuler. Il espérait que la Force serait avec lui et que son speeder ne serait pas en panne. Depuis un moment le moteur faisait des bruits bizarres, mais le Jedi trouvait toujours autre chose à faire que de le réparer. Il termina sa bière et reprit :

« Comme je vous le disais, il faut savoir bousculer certaines traditions pour faire progresser l’ordre Jedi. Le maître Qui-Gon Jinn doit être pris en exemple à ce propos. En s’opposant à certaines pratiques éculées, il a permis de grandement faire avancer les choses. Le fait que ses actions aient entraîné l’élection de Palpatine au rang de Chancelier de la République et qu’il ait insisté pour qu’Anakin Skywalker soit formé, ce qui a précipité la Galaxie dans plusieurs décennies de guerre et de terreur ne doit pas vous faire hésiter. Innovez ! »

En retournant ses mots dans tous les sens, il ne parvenait pas à être satisfait de ce passage. Il fit plusieurs essais, mais l’inspiration ne voulait pas venir. Les soleils descendaient lentement vers l’horizon. Il n’avait plus le choix, il devait avancer. Une seule solution lui vint à l’esprit.

Le Jedi ferma les yeux. Il fit le vide en lui et s’efforça de ressentir la Force. Elle vint à lui, comme une amie chaleureuse, filtrant à travers son esprit. Quand il se sentit prêt, il dit à haute voix :

« Au secours Obi-Wan Kenobi, vous êtes mon seul espoir ! »

Aussitôt, il sentit la présence rassurante de son ancien Maître. Luke fut un peu ému de constater qu’il répondait toujours à ses appels, mais il était pressé et ne s’appesantit pas là-dessus :

« Merci d’être venu, Ben. J’ai un problème. Tu vois, je suis sur un cours pour les élèves jedis et je ne sais pas trop quoi dire. J’aimerais qu’ils ne restent pas prisonniers des traditions et des icônes du passé. Je voudrais qu’ils trouvent leur propre voie. Mais du coup, j’ai peur que l’exemple de Qui-Gon les rebute un peu.

- Luke ! répondit Obi-Wan de sa voix d’outre-tombe, tout en apparaissant dans un halo de lumière. Tu dois faire appel à la Force.

- Bonne idée. Mais plus concrètement : tu crois que ces principes pourraient être formateurs pour eux ? Et en fait, tu penses qu’il faut que je dise quoi ?

- Luke ! Tu vas aller dans le système Dagobah. Là, tu te rendras dans la maison de Yoda. Dans sa chambre, sur la troisième étagère à droite, tu trouveras le manuscrit de sa méthode : Devenir un Jedi surpuissant sans effort. C’est cette technique révolutionnaire, qu’il avait développé durant ses longues années d’exil, qui t’ont permis jadis d’être prêt à affronter Dark Vador en l’espace de quarante-huit heures, alors qu’il t’aurait fallu toute une vie avec les enseignements classiques. Utilise cette méthode avec tes élèves ! Change la Galaxie !

- Ah... répondit Luke, dubitatif. C’est-à-dire que là, Dagobah, ça m’arrange pas. J’ai un petit problème avec mon hyper-propulsion et il n’y a aucune ligne commerciale qui va là-bas. En plus, j’ai bientôt une séance photo pour une affiche. Alors, je dis pas que je vais pas y aller, ce serait bête de se priver de cette méthode maintenant que je sais qu’elle existe... Mais pas tout de suite quoi.

- Luke ! Dans ce cas, tu n’as qu’à leur parler de la fois où j’ai tué le général Grievous à coups de blaster. Moi qui ne supportais pourtant pas ces armes sinistres, j’ai pris sur moi pour avancer.

- Mais c’est pas encore une de ces fois où tu avais foncé dans le tas tout seul contre une armée entière ? Parce que j’émets des doutes sur la pertinence de cette stratégie juste avant dans le cours.

- Oui bon, j’ai innové tout en restant ancré dans la tradition. Il ne faut pas non plus tout changer tout-de-suite, sinon ça devient n’importe quoi.

- Tu dois avoir raison. Je vais parler de ça à mes élèves, ils seront contents d’entendre parler de toi. Merci d’être passé Ben. Que la Force soit avec toi.

- Que la force soit avec toi, Luke. À jamais. »

Alors que son ancien maître disparaissait, Luke se demanda si finalement, Obi-Wan n’était pas toujours capable de parler normalement et s’il n’essayait pas juste de se la péter un peu avec cette voix bizarre et lointaine. Mais finalement, il en avait bien le droit : il était mort il faisait ce qu’il voulait. Ne perdant pas plus de temps là-dessus, le Jedi reprit son dictaphone, raconta l’anecdote de Grievous, fit une conclusion rapide à base de ces phrases toutes faites qu’affectionnaient ses élèves (« ayez confiance en votre intuition, la Force vous guidera », « ne laissez pas la peur se muer en colère, car c’est le chemin du Côté Obscur » et « on se revoit par holo-communication la semaine prochaine, même jour même heure. N’oubliez pas que le repas annuel de l’Université a lieu cette année sur Bespin »).

Puis, alors qu’il s’apprêtait à partir chercher son costume, il se rendit compte qu’il transpirait abondamment. Même à cette heure-ci, la température restait élevée. Sa peau le pioctait de manière désagréable. Il décida qu’il lui fallait une nouvelle bière. De toute manière, le Toydarian était sûrement déjà fermé, alors un peu plus ou un peu moins de retard ne changerait pas grand chose.

Répétant l’opération de tout à l’heure, il se concentra sur une bouteille et la fit venir de la cuisine grâce à la Force. Quand il vit que Mara suivait le récipient, il sursauta et se redressa immédiatement sur sa chaise longue.

« Tu me prends vraiment pour une idiote intergalactique, commença-t-elle en fixant les deux cadavres de bouteilles. Tu dois aller chercher ton costume depuis des heures, tu me dit que tu prépares une conférence et en fait tu es là à boire comme un puits de sarlacc !

- Écoute, ma douce brise d’été. J’ai mis du temps à terminer. J’ai dû appeler Obi-Wan pour m’aider. J’avais bien besoin d’un rafraîchissement. »

Elle leva alors les yeux vers le visage de son mari et son expression se mua en colère. Une lueur rouge apparut dans ses yeux et ses cheveux semblèrent se dresser sur sa tête. Elle s’avança vers le Jedi et annonça, du voix qui s’était abaissée d’une octave :

« Cette faute envers moi était la dernière. »

Luke, habitué à ce type de situation, ne paniqua pas. Il connaissait les mots pour l’apaiser. Avant de les prononcer, il décida de s’offrir une petite rasade. Erreur ! D’un geste de la main, Mara fit exploser à distance la bouteille de bière.

En jedi expérimenté, Skywalker ne prit pas le temps de s’intéresser au liquide qui tachait ses vêtements, ni aux petites coupures provoquées par les éclats de verre. Concentré, avec la Force pour alliée, il observait sa femme avec attention sans s’affoler (mais tout en s’assurant quand même de la présence de son sabre laser à sa ceinture). Des éclairs commençaient à se former entre les doigts de Mara. Ceux-ci étaient un peu différents de ceux qu’utilisaient l’Empereur : ils étaient d’une couleur pourpre profonde quoique peu engageante. Toutefois, ils étaient tout aussi mortels que ceux de Palpatine, et Luke le savait.

Heureusement, le Jedi connaissait depuis longtemps les mots pour pacifier son épouse et la ramener à la raison. D’un ton calme, aimant et un peu pédagogue, il lui dit :

« Attention ma petite goutte de rosée des dunes, on en a déjà parlé, tu te laisses à nouveau submerger par la haine. »

De manière presque magique (peut-être avait-il mis un peu de Force dans son intonation), la voix de son mari la ramena du côté Clair. Les éclairs refluèrent et ses yeux reprirent une couleur normale. Luke reprit :

« Contrôle-toi, contrôle-toi ! Tu dois apprendre à te contrôler Mara. »

Voyant sa femme épuisée par son accès de rage et sa reprise en main difficile, le Jedi apporta la chaise-longue près d’elle grâce à la Force. Une fois bien installée, elle put reprendre une conservation normale :

« Excuse-moi mon chéri, dit-elle, mais il y a des fois où tu exagères quand même !

- Mais pourquoi est-ce que tu te mets dans des états pareils, ma puce des oasis ? Bon, d’accord, je me suis un peu endormi. Mais j’ai encore le temps d’aller le chercher mon costume.

- Tu ne t’es même pas aperçu, réalisa Mara.

- Mais aperçu de quoi ?

- Regarde ton visage... »

Le Jedi, intrigué, saisit le projecteur holographique qu’il utilisait pour donner ses cours à distance. Il l’alluma et le régla sur le mode direct. Son image grandeur nature apparut immédiatement en face de lui.

En voyant son visage, il comprit tout de suite. Sa peau avait été si brûlée par les soleils durant sa sieste, qu’elle en était cramoisie et toute cloquée. Et il ne s’en était même pas rendu compte !

« Ah merde, se contenta-t-il de commenter.

- Comment est-ce que tu veux aller à ce shooting maintenant ? Même avec ton costume, ça ne va ressembler à rien.

- Tu crois pas qu’avec cette crème à la graisse de bantha ?

- Ca va guérir plus vite, mais jamais pour dans deux jours. C’est foutu !

- Bon, conclut Luke en soupirant, tant pis je vais annuler. Ils n’auront qu’à faire sans moi. Après tout, il leur reste bien assez de héros de la dernière guerre pour la faire cette affiche.

- Tu vas encore laisser la vedette à Han et Leïa.

- Mais non. Et puis tout le monde sais dans cette galaxie que c’est moi le meilleur pilote d’X-Wing. Mais ça faisait l’occasion de se voir quoi.

- Si tu veux, on pourra organiser une fête pour la prochaine moisson. Ils pourront venir avec le Faucon. »

Plus tard dans la soirée, Luke appela la boîte de production pour annoncer qu’il devait se retirer de la séance photo pour l’affiche en raison de problèmes de santé. L’annonce fit quelques remous, car le Jedi restait très populaire dans toute la galaxie et ses admirateurs craignirent qu’il n’ait quelque chose de grave.

Lorsque plus tard, constatant qu’il allait bien, on lui demanda les raisons réelles de son absence, il répondit simplement qu’il avait attrapé un coup de soleil.

Personne ne le crut et les théories les plus folles se mirent à se répandre dans toute la galaxie...

 

 

 


Jean-Claude André

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Publié dans La télévision et moi

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