La haine gratuite de Cyril Hanouna est-elle bonne ou mauvaise pour l'économie française ?

Publié le par Nono

La question est pertinente, car l'INSEE est formel : la détestation de Cyril Hanouna est devenue la première préoccupation des Français, juste devant leur job et l'éducation de leurs enfants. Il s'agit désormais d'une filière économique à part entière qu'il convient d'analyser pour comprendre son impact sur la sortie de crise de la société française.

D'ailleurs, à voir les articles qui fleurissent chaque jour sur internet, cette tendance ne semble pas faiblir et sera encore très présente en 2017.

Commençons par le détesteur de base : celui qui écume la toile en cherchant des articles sur lesquels poster un commentaire désobligeant du style "Enora est vraiment trop conne" ou "Jean-Michel Maire est un danger pour nos enfants". Il ne travaille visiblement pas, vu le temps qu'il a pour faire ça. Lui, sans sa haine de Cyril Hanouna, que ferait-il ? Probablement, chercherait-il quelqu'un d'autre à détester ce qui reviendrait à peu près au même : il y a toujours quelqu'un dont la réussite peut rendre jaloux. Du coup, il ne produirait pas grand chose de plus : il faut bien le reconnaître, ce ne seront pas eux qui constitueront demain les foudres de guerre de l'économie mondiale.

Bilan neutre pour le troufion de base du dispositif.

En revanche, le secteur médiatico-journalistique serait durablement marqué par la fin de Cyril Hanouna. En effet, le trublion du paf a le don de toujours faire couler beaucoup d'encre. Je diviserais ces détesteurs en deux catégories. Tout d'abord, il y a les journalistes qui rêvaient de travailler dans des journaux sérieux, mais qui, crise oblige, doivent délaisser le traitement de la prochaine élection présidentielle pour s'occuper de sujets plus frivoles. Il faut bien vivre. Et vu l'ampleur des difficultés de la presse écrite, personne ne peut en vouloir à un jeune journaliste ayant raté son entretien d'embauche au Figaro d'essayer de vendre une pige sur Hanouna. On imagine fort bien les débats de rédaction enflammés à la recherche du sujet qui fait mouche :
"Quoi, Hanouna a mis la main de Capucine sur sa bite pour déconner ?
- Oui ! C'est énorme, on va pouvoir titrer "Viol infâme en direct sur le plateau de Touche pas à mon Poste !""

Cela fait des chômeurs en moins, et c'est très bien ainsi. Peut-être en profiteront-ils pour développer un ton qui fera leur gloire plus tard ("Exclusif : François Hollande met la main de Ségolène sur sa bite pour déconner. Est-ce un viol à l'Élysée ?").

En revanche, je suis plus dubitatif au sujet des animateurs / journaleux / humoristes sur le déclin qui trouvent dans la polémique avec Hanouna ou un de ses chroniqueurs un moyen de relancer une carrière en difficulté. Parce que quand on voit la teneur des échanges, on se dit que toutes les carrières en difficulté ne le sont pas forcément par hasard !

Bref, bilan plutôt positif d'un point de vue de l'activité journalistique.

Dernier type de détesteurs bien connus, les hauts-fonctionnaires. Certains d'entre-eux, aussi incroyable que cela puisse paraître, justifient leurs salaires (payés avec les impôts de Cyril Hanouna qui lui au moins gagne sa vie honnêtement) en rédigeant des rapports sur les péripéties des chroniqueurs de C8. Oui, des rapports entiers.

Mon préféré c'était celui pour démontrer si oui ou non mettre des nouilles dans le slip de Matthieu Delormeau constituait ou non un traitement humain dégradant. Eux, s'il n'y avait pas Cyril Hanouna à détester ici, on pourrait à la grande rigueur les réutiliser à l'ONU pour les envoyer à Alep faire des rapports sur les traitements humains dégradants. Mais au fait, comment devient-on haut-spécialiste des nouilles dans le slip dans une haute autorité comme le CSA ? Il y a un diplôme ? Le caractère dégradant dépend du type de nouilles ? De leur cuisson ? Genre les macaronis dans le slip ça ne passe pas parce que la connotation est homophobe alors que si c'est des farfales on s'en moque ?

Ceci dit, il faut bien avouer que ces gens-là, s'ils n'avaient pas Hanouna pour écrire leurs torchons, ils pourraient faire des rapports sur d'autres sujets et faire bien plus de dégâts. Imaginez que l'un d'entre-eux fasse un rapport sur la pénibilité du travail dans les usines Lustucru et décide de légiférer pour éviter que des employés puissent se retrouver avec des nouilles dans le slip ? Quel bazar dans la production après, c'est un coup à délocaliser toute notre industrie de pâtes !

Je donne donc un bilan "pas pire" pour les fonctionnaires occupés à établir que la détestation d'Hanouna constitue un service public.

Vous l'avez compris, ces éléments ne permettent pas de trancher définitivement sur l'impact économique de la haine de Cyril Hanouna. Cela mériterait de creuser ces études.

Du coup, dans le doute, je conseille tout de même aux détesteurs amateurs ou professionnels de s'occuper autrement qu'à regarder une émission qu'ils n'aiment pas juste pour la critiquer sur internet après : on ne sait jamais, ils pourraient trouver un sens à leur existence inepte !

++
No

 

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Publié dans La télévision et moi

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