On fait des trucs de bobos
Avec Rara, nous en avons assez de notre posture de sudistes dédaigneux de la culture parisienne, alors, nous essayons de nous assimiler à la population locale.
Pour cela, nous faisons des trucs de bobos.
Moi, mon truc c'est le jus de légumes. Avec notre extracteur de jus haut-de-gamme, je crée des recettes incroyables, toutes plus détox, bios et vertes les unes que les autres. Avec ça, on se reminéralise vitesse grand V sans faire souffrir aucun animal.
Seul ombre au tableau : le jus de légumes c'est dégueulasse. Vous me direz : "pourquoi tu fais pas du jus de fruit ? C'est logique que du jus de brocolis ce soit de la merde !" Mais vous ne me piégerez pas, car un vrai bobo ne fait pas de jus de fruit : c'est bien trop sucré.
Pendant que je fabrique mes jus, ma femme fréquente les bars à chats. Un bar à chat, c'est comme un bar normal mais en plus cher et à Paris et avec des chats. Comme ça, les clients boivent un coup en caressant des chats. Je n'ai pas très bien compris l'intérêt, mais c'est bobo donc nous le faisons. Intégration, assimilation.
Et puis, samedi c'était la nuit des musées. Nous voulions faire quelque chose de bobo alors nous sommes partis à l'Institut du monde arabe pour assister à la performance d'un artiste calligraphe.
Du coup, il y avait un genre de Bob Marley Tunisien qui calligraphiait des tableaux abstraits pendant qu'une danseuse réalisait une chorégraphie sur la musique d'une artiste Japonaise équipée d'un koto. Un koto c'est une harpe japonaise, mais quand on est bobo, on préfère employer le terme exact parce que comme ça on a l'air cultivé.
La performance était trop cool, on se serait crus sur Arte.
Bon je vous laisse, il faut que j'aille dîner. Je vais peut-être me faire griller un petit steak de tofu...
A+
Nono