Un discours original pour Pascal Pavageau (2)
La semaine sociale s'annonce encore chargée et les syndicalistes, dont Pascal Pavageau, le sémillant patron de Force Ouvrière fan de Tolkien à ses heures, vont encore être soumis à rude épreuve. Pourtant, il va bien falloir qu'il prenne un jour le temps de rendre hommage à son prédécesseur, Jean-Claude Mailly, sinon il va finir par passer pour un ingrat.
Nous avons donc pris le temps de lui écrire ce discours original afin que personne ne puisse l'accuser de plagia.
Ça donne ça :
"Pauvre camarade supplicié des ombres, regarde les travailleurs de l'ombre se lever dans la nuit de mai constellée de réformes. Voici le fracas des chars des CRS qui remontent vers la Place de la Bastille à travers les longues plaintes des ouvriers réveillés. Grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Camarades commence, regarde, secrétaire général, surgir dans toutes les villes de France les Syndicalistes de la République, sauf lorsqu'on les a gazés. Tu as envié, comme nous, les cortèges épiques de la CGT : regarde, combattant, tes cortèges sortir au grand jour de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains ouvrières formées aux cocktails Molotov, l'une des premières divisions cuirassées de l'empire macronien : la division des gendarmes mobiles.
Comme Bernard Thibault entra avenue de la république, avec son cortège d'exaltation dans le soleil de Paris, entre ici, Jean-Claude Mailly, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les mines d'avoir trop travaillé, ou comme toi — et même, ce qui est peut-être plus atroce — sans avoir foutu grand chose. Avec tous les grévistes et tous les artistes engagés de la Fête de l'Huma, avec le dernier slogan des Zadistes jeté à la face de l'État, enfin tombé comme son aéroport. Avec les huit mille ouvrières qui ne sont pas revenus au travail, avec le dernier militant, condamné pour avoir donné asile à un migrant. Entre avec le peuple né du libéralisme et qui disparaîtra avec lui — nos frères dans l'ordre de la Manif…
Commémorant l'anniversaire de l'abandon du CPE, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, les cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi »."
++
No