L'instant Greta ?
Interdiction du transport aérien de passagers, liberté de circuler réduite et circonscrite à un petit périmètre, baisse du pouvoir d'achat due au chômage technique, concentration de la consommation sur les biens de première nécessité, diminution de la production des produits non vitaux... À bien y réfléchir, cette société de confinement, à l’attestation de sortie près, ressemble étrangement à ce que seraient nos vies si nous options pour la décroissance, comme le prônent de nombreux écologistes qui ont connu ces derniers mois un regain de vigueur sous l'impulsion de Greta Thunberg.
Il y a quelques temps, lors d'un conseil citoyen pour lequel j'ai été tiré au sort, la question de la décroissance comme solution au réchauffement climatique est venue sur le tapis. Sur douze personnes à la tables, dix se disaient convaincus que la solution passerait par là. Pas "en partie par là" ou "peut-être par là", mais "obligatoirement, nécessairement ou forcément par là". En revanche, aucun d'entre-eux n'était encore passé à l'acte, comme ce militant pourtant énergique qui avouait n'avoir pu se résoudre à vendre sa vieille moto polluante. Or, nous y sommes : la moto est au garage depuis plus d'un mois et nous faisons tous l'expérience de la privation de notre mode de vie habituel. La seule option écologique aux yeux de la majorité est en place...
Est-ce donc le déclic dont nous avions besoin pour mettre en œuvre cette politique de décroissance ? Car après tout, le changement climatique tue plus et tuera bien plus que le COVID-19. Pourquoi donc ne pourrions-nous pas accepter de réduire nos libertés et notre train de vie de la même manière pour lutter contre une menace bien plus pressante ? Peut-être parce le virus est plus concret dans notre imaginaire, ou peut-être parce que nous savons la situation provisoire...
Qu'importe ! Car la réponse arrivera dans un mois.
Au moment où tous les pays déconfineront les uns après les autres, les citoyens seront face à deux options. Soit ils considéreront qu'ils sont finalement aussi heureux dans une société moins consommatrice et conserveront certaines habitudes du confinement, soit ils voudront rattraper le temps perdu et brûleront le pétrole à bas coût stocké ces deux derniers mois pour aller au bout du monde et importer des téléphones depuis l'autre côté de la planète.
Dans un mois, Greta Thunberg sera présidente du monde, ou bien elle sera oubliée.
Si nous optons collectivement pour la deuxième option, les partis écologiques traditionnels seront rayés du paysage politique par des électeurs refusant de vivre en permanence dans une économie de pandémie. Alors, il sera urgent de trouver un autre moyen de sauver l'environnement.
Si nous vivons l'instant Greta, alors nos vies ont d'ores-et-déjà changé de manière pérenne. Sinon, au moins nous saurons à quoi nous en tenir et nous pourrons réfléchir à une alternative !
Réponse bientôt... Le compte à rebours du confinement à commencé, celui de la planète est déjà bien entamé !
A+
Nono