La mort du leader empathique
Il était une fois un leader empathique. Son charisme et son savoir-être en entreprise faisaient de lui un homme apprécié de tous : collègues comme collaborateurs.
Grâce à sa posture de meneur et sa capacité à fédérer, il parvenait à embarquer ses interlocuteurs transverses dans des projets stratégiques. La congruence de ses actes et de ses paroles faisait de lui un leader par l'exemple.
Durant ses interventions publiques, il faisait montre d'une gestuelle maîtrisée et d'une voix bien positionnée, car il savait parfaitement que la communication non-verbale était aussi voire plus importante pour faire passer un message que son propre contenu.
Avec ses collaborateurs, il pratiquait l'écoute bienveillante et veillait à ne jamais laisser ses biais cognitifs interférer dans la communication. Il donnait des objectifs SMART à même d'être acceptés de tous et n'hésitait pas à exprimer ses émotions avec contrôle et empathie pour ne pas laisser s'accumuler la rancœur en cas de désaccord. Une fois par semaine au moins, il réalisait une réunion pour donner le sens de l'action de l'entreprise et faire du team-building.
Dans les autres services, on le tenait pour un référent sur sa fonction, tant il prenait en compte les besoins des clients tant internes qu'externes.
Un jour, un de ses collègues eut un conflit avec lui à propos d'un dossier. Il prit donc rendez-vous pour en parler, mais appréhendait un peu la rencontre :
"Je sens que quand je vais lui parler, il va parvenir à m'apaiser grâce à sa maîtrise sans faille de la colère. Son langage corporel miroir va me mettre en confiance et par le biais d'habiles reformulations, il va rapidement comprendre mon problème et s'accorder avec moi sur sa formulation. Nous allons ensuite pouvoir le résoudre en mode collaboratif et je vais sortir de là avec un deal win-win en poche. Du coup, je n'aurai pas pu me défouler en poussant ma gueulante".
Aussi, il préféra éviter de parler et lui fracassa la tête à grands coups de batte de baseball.
++
No