Triste comme un Ouïghour au chômage

Publié le par Nono

Un jour, un pauvre ouvrier Ouïghour rencontra un président Occidental venu visiter son camp de travail.

"Que fais-tu ici ? lui demanda celui-ci.
- Je couds des chaussures pour la France, répondit l'ouvrier."

Alors, le politicien fit le tour de son poste de travail et constata les mauvaises conditions dans lesquelles il exerçait son activité.

"Est-ce que ton emploi te plaît ?
- Cela dépend des moments, répondit prudemment l'ouvrier.
- Mais, tu te trouves bien traité ?
- Pas vraiment, fit le pauvre homme tout bas en regardant par-dessus son épaule..."

Perplexe, le politicien embrassa l'usine du regard et n'y découvrit que misère. Soudain, sa décision fut prise. Ferme. Implacable.

"Ça ne se passera pas comme ça, déclara-t-il d'un ton décidé. Ils n'ont pas le droit de vous traiter ainsi ! Je vais vous aider !
- Ah bon, tu vas faire la guerre à mon pays ?
- Non. Sûrement pas. D'ailleurs, ce serait encore pire : ils feraient de vous des soldats.
- Ah. Alors, tu vas interdire ton pays aux touristes Chinois ?
- Enfin, tu es fou ? Et mon économie ? Non, je vais boycotter les Jeux Olympiques d'hiver !"

Alors, l'ouvrier réfléchit un peu avant de répondre :
"Mais tes athlètes qui s'entraînent dur depuis des années, ils vont accepter ?
- Qui a parlé d'athlètes ? Je n'enverrai pas de diplomate dans les tribunes, c'est tout !
- Ah. Bon. Et tu penses que mes dirigeants vont être contrariés au point d'améliorer nos conditions de vie ?"

Ce fut au tour du Président de s'interrompre un moment.
"Je vois où tu veux en venir. La réponse est un peu faible.
- Sans vouloir te vexer, je ne sais pas si cela fera fléchir le Parti communiste...
- Tu as raison. J'ai une idée. Dès demain, je ferai voter une loi dans mon pays pour reconnaître vos souffrances !
- Oh. C'est très gentil...
- Tu ne sembles pas convaincu.
- C'est-à-dire que, oui, c'est très gentil. Mais en fait, vos lois, mes dirigeants ils s'en...
- Je comprends. Encore un peu faible. Difficile de trouver le bon calibrage !
- Exactement, c'est le calibrage qui pèche..."

Alors, le Président se mit à faire les cent pas dans le camp de travail. Toutes ses facultés étaient concentrées sur la solution à trouver à cet épineux problème. Au bout de quelques secondes, ce fut l'illumination :
"J'ai trouvé, s'écria-t-il triomphalement !
- Super ! Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je vais interdire à l'importation tous les produits fabriqués dans des camps comme celui-ci.
- Ah ?
- Ça règle tous les problèmes d'un coup : c'est une mesure forte qui touchera de plein fouet la Chine, cela va réduire le chômage chez moi et en plus c'est écologique !
- Donc, je ne serais plus un sous-homme productif aux yeux de mes dirigeants, mais seulement un sous-homme inutile qu'ils devront nourrir ?
- Exactement, et comme ça tout le monde est content !"

Fier de sa trouvaille, il prit congé et retourna à son avion. Le pauvre ouvrier Ouïghour, touché par tant de considération de la part du monde occidental, fut rapidement un peu nostalgique du temps où il avait un emploi...

++
No

 

Publicité

Publié dans La Chine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article