Un homme dans le vent

Publié le par Nono

Depuis deux ans, j'entends les autres me parler de leur Covid. Ils tiennent à la machine à café des discussions d'anciens combattants :

"Quand l'as-tu attrapé ?
- Deuxième vague. Le variant indien...
- T'as du déguster !
- Affirmatif ! Oxygénation aux urgences et trois semaines de perte de goût."

Je me sentais exclus de ces conversations. Je répondais un vague "moi je suis vacciné" et j'écourtais...

Tout cela me ramenait à d'anciens traumatismes. Plus jeune, j'ai raté mon permis de conduire, de sorte que, pendant un temps, j'étais le seul dans ma bande d'amis à ne pas pouvoir prendre le volant. Je me sentais mis à l'écart, bloqué, dépendant des compétences des autres pour sortir de chez moi.

Alors, pour moi, le Covid c'était un peu une madeleine de Proust vicelarde...

Heureusement, je l'ai attrapé entre Noël et le Jour de l'An.

Enfin, je fais partie du groupe !
Enfin, je suis dans la bande !
Enfin je participe aux discussions !

"Ouais, saloperie de Delta... juste avant ma troisième dose !"

Grâce à cela, je peux avoir des débats passionnants avec les antivax :
"Tu le vois bien, me disent-ils, que c'est de la merde ton truc ! Deux doses et tu tombes quand même malade !
- Mais, imbécile, si je n'avais pas eu mes doses, je serais aussi mort que les frères Bogdanoff à l'heure où je te parle ! (ma vision d'un débat vax - antivax réussi : quand toute nuance disparaît et que la mort des gens se transforme en arguments)
- Et Francis Lalanne, il est mort peut-être ?
- Francis Lalanne il est en mort cérébrale ! Tu aurais vu l'état de la petite qui n'est pas vaccinée, tu ne dirais pas tant de conneries !
- Mais quelle mauvaise foi ! Elle a deux ans, c'est normal qu'elle soit plus sensible !"

Et ainsi de suite...

Avoir le Covid, c'est vraiment super... Quand on survit !

Bon, je vais me re-planifier ma troisième dose moi...

A+
Nono

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Publié dans krankenkamel

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