La bienveillance du nourrisson

Publié le par Nono

Dans un précédent article, j'ai partagé avec vous mes constats quant à la sagesse des bébés. Ces petits êtres n'en finissent pas de nous surprendre : il s'agissait à l'époque de ma fille ainée et je peux vous dire qu'observer la cadette est tout aussi riche d'enseignements.

Ma deuxième fille, âgée de deux mois, sourit.

Charmant, me direz-vous, mais alors quoi ? Les bébés se mettent à sourire autour de cet âge, c'est bien connu ! C'est joli, mignon... pas franchement original !

Certes, mais le plus important est de savoir quand et à qui elle sourit. Eh bien, à tout le monde dès lors qu'elle s'aperçoit qu'on la regarde ! Quand quelqu'un vient vers elle, parent, sœur ou inconnu, elle sourit et commence par là.

En y réfléchissant, je pense qu'il s'agit d'un avantage sélectif acquis par les humains : les bébés souriants devaient probablement recevoir davantage d'attention et avoir moins de risque d'être abandonnés. Petit à petit, tous les bébés sont devenus souriants.

C'est donc ce que nous sommes : souriants. Notre nature profonde nous incite à nous montrer gentils avec les autres et à présumer de leur gentillesse même si nous ne les connaissons pas. Ce n'est pas un caractère acquis, pas une éducation, mais véritablement un instinct de survie qui a amené l'espèce humaine à prospérer.

En y réfléchissant, tout cela est logique : la bienveillance mutuelle est la base de la coopération. On se sourit, ce qui incite à se parler, dialogue qui, in fine, peut déboucher sur la découverte d'intérêts communs et la prise de conscience d'une envie de s'associer. Et paf, ça crée une société.

Mais si c'est le cas, comment se fait-il que tant de gens dans le monde passent leur temps à se battre, ou pire ? Qu'est-il donc arrivé à ces bébés bienveillants pour qu'ils cessent de sourire à autrui ? Comment faire le chemin en arrière ?

Je vais de ce pas méditer ces questions...

A+
Nono

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