Le retour des longues nuits

Publié le par Nono

À mes débuts sur Paris, je trouvais le climat froid par rapport à mon Sud natal. Je l’avais même caricaturé en « Grand Nord »…

Quelques années plus tard, force est de constater que cela fait toujours aussi drôle de voir l’automne débarquer sans prévenir le 1er septembre.

Depuis la rentrée, la fraîcheur est là alors que mon téléphone m’indique que le Sud ouest profite encore de vingt-cinq degrés les après-midi. 

La différence, c’est que je ne suis plus si nostalgique : je me suis fait à Paris et n’ai pas l’intention de repartir en province. Et ça change tout !

Car ce n’est que quand on sait pourquoi on est là, qu’on est réellement chez soi. Et quand on est chez soi, on ne se pose pas la question de savoir si les conditions sont meilleures ailleurs : on y est, c’est tout.

Les Inuits ne se plaignent ni des six mois de nuit ni du froid polaire, ces gens en Inde qui vivent dans une ville où il pleut tous les jours de l’année n’envient pas plus les Bédouins que ceux-ci n’ont une quelconque envie d’échanger l’aridité de leur Sahara natal pour l'univers humide des Hindous.

Ici, il n'y a pas d'arrière-saison. C'est ainsi. Tant pis. Une fois tous les cinq ans, septembre est chaud et alors on peut dire avec bonheur "c'est l'été indien !"

Alors, suis-je devenu Parisien ? Suis-je toujours Béarnais ? Peut-on être les deux ?

C'est questions sont un peu difficiles. Ce qui est sûr c’est qu’aujourd’hui, j’apprécie de voir briller le dôme des Invalides sous le soleil du matin en descendant à mon bureau. Une fois installé pour ma journée de travail, je trouve rassurante la présence tutélaire de la Tour Eiffel à ma fenêtre. Mes filles sont nées dans cette ville, m’ancrant un peu plus dans le paysage…

Le retour des longues nuits ne m’ennuie plus autant : après tout, ici on est éclairé !

Mais tout de même, ce froid…

A+
Nono 

 

 

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Publié dans Culture parisienne

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