Les schtroumpfs ou la propagande ultra-libérale appliquée à vos enfants
Sous le couvert d'une gentille bande dessinée pour enfant, se cache la plus terrible des propagandes qu'on tente d'insufler dans l'esprit de nos chers enfants...
Les schtroumpfs, ces charmants petits lutins dirigés par le sage Grand Schtroumpf. Celui-ci n'est en fait que le garant d'un libéralisme dur et sans limite. Ne déclare-t-il pas dans "Les p'tits Schtroumpfs: "Au pays des schtroumpfs, chacun est libre de faire ce qu'il veut". Cette maxime illustrant une société où les gens n'ont aucune limite légale à leurs actions est la base de toute la bande-dessinée.
Le Grand Shtroumpf, en tant que chef de l'Etat Schtroumpf, n'exerce aucun pouvoir réel. Il laisse ses concitoyens tout faire, même si leurs actions se font au détriment de leurs prochains. Souvent, l'initiative d'un schtroumpf met tous les autres en danger. Mais à la fin de l'histoire, il n'y a aucune sanction contre le schtroumpf individualiste: il est pardonné sans même un procès.
Et grâce à ce système: tout le monde vit heureux au Pays des Schtroumpfs. L'Apprenti Schtroumpf où le Schtroumpfissime se refondent dans la masse dès la fin de l'épisode et reprennent comme si de rien était leurs vies heureuse de petits schtroumpfs. Mais toutes ces tentatives ne sont qu'une glorification de la quête du pouvoir personnel: les schtroumpfs admirent ces quelques individus qui cherchent à se démarquer, le plus souvent pour régner sur les autres.
Ainsi, les schtroumpfs possédant un talent particulier sont les sctroumpfs les plus admirés du village: le Schtroumpf Bricoleur, le Schtroumpf Cuisinier ou encore le Schtroumpf Costaud sont les héros de multiples aventures et ils protègent et font vivre à eux tous seuls la communauté, car ce sont les seuls qui créent de la richesse, les autres étant des assistés. Mais en réalité, ces talents ne sont rien d'autre que des moyens pour ces schtroumpfs d'avoir le pouvoir sur les autres. Les Schtroumpfs nous montrent donc un monde où une petite classe sociale règne sur les autres, évidemment au mérite, et où les pauvres sont contents de l'être et reconnaissants aux "méritants" de leur faire partager les miettes de leurs richesses.
L'initiative individuelle fait donc tout au pays des schtroumpfs. Il n'y a guère d'école ou d'autre moyen de monter dans l'échelle sociale des schtroumpfs: ceux qui sont doués réussissent, les autres sont condamnés à rester éternellement dans l'ombre sans qu'aucune organisation étatique ne les aide à se sortir de leur prolétariat. "Le Schtroumpf Financier" montre bien cela: les quelques schtroumpfs particuliers exercent sans vergogne leur pouvoir pour exploiter les autres qui méritent bien leur sort car ce sont des paresseux, comme le Schtroumpf du même nom, ou des incapables comme les artistes que sont le Schtroumpf Poète ou le Schtroumpf Musicien.
Au pays des Schtroumpfs, quand un schtroumpf veut quelquechose, il l'obtient par n'importe quel moyen, même les plus inhumain: rien ne doit faire obstacle à leur soif de propriété et cela les rend heureux. Ainsi, le Cosmoschtroumpf réalise son rêve en faisant travailler ses camarades dans un contexte plus dur qu'une usine Tayloriste. Les P'tits Schtroumpfs n'hésitent pas à fabriquer Sassette quand la Schtroumpfette veut une amie, faisant ainsi l'apologie des OGM, dans un monde où la nature elle-même ne fixe aucune limite. Mais l'Ogre Communiste gronde aux portes du village des schtroumpfs: Gargamel, le dictateur qui veut les asservir, celui qui veut régner sur eux par la force et les priver de leur liberté. La possession ne l'intéresse pas, il veut juste annihiler les Schtroumpfs car il est jaloux de leur talent et de leur créativité: lui ne crée rien qui ne fonctionne: ses innovations tombent en miette telles des chars soviétiques, alors que l'initiative libérale triomphe.
Une fois, les Schtroumpfs furent tentés par la Gauche: lors de "La Faim des Schtroumpfs" ils abandonnèrent leurs biens pour partir ensemble sous le contrôle pour une fois direct du Grand Schtroumpf. Ils bâtirent alors l'ébauche d'une société basée sur la solidarité où un Schtroumpf plus fort qu'un autre aidait ce dernier à se relever dans la neige. Mais c'est encore un symbole du libéralisme et du matérialisme individuel qui les sauva: un Seigneur qui n'était qu'un moins que rien, car sans argent, retrouva son trésor grâce aux Schtroumpfs. Redevenu quelqu'un grâce à son nouveau magot, sans doute le résultat de l'exploitation de nombreux travailleurs, il aida les schtroumpfs qui retournèrent dans leur village faire vivre le libéralisme.
Loin d'être une bande dessinée gentillette pour enfant, Les Schtroumpfs est un outils de propagande d'un libéralisme dur qui ferait passer Alain Madelin pour modéré...
Ne laissez plus nos enfants y accéder!
Nono