Les trains pour riches
Je suis allé à Rennes dans le but de cesser d'être un prolétaire jetant la honte sur ma famille et sur toute la société Française.
Alors, j'ai pris un train pour pauvres. C'était un train, plein de crève-la-faim dans mon genre : il était long, en retard et s'arrêtait souvent.
Je suis finalement parvenu à Rennes en montant dans un bus pour pauvres et à l'arrivée, on nous a dit qu'on voulait bien nous laisser sortir, mais qu'une belle ville comme Rennes n'avait pas besoin de sales pauvres comme nous.
Alors, quand je suis reparti vers Paris, j'ai voulu être quelqu'un et j'ai pris mon billet dans un train pour riches. J'étais jeune, j'étais beau, vautré dans mon gros siège de riche tout moelleux, face à deux représentants de la jeunesse dorée Parisienne qui surfaient sur leurs Macbooks en parlant de Jean Sarkozy.
Humblement, une jeune fille m'a demandé si je souhaitais me restaurer. Le contrôleur me regardait avec respect. Le train était long et en retard, certes, mais nous étions considérés.
Hélas ! Tout beau rêve a une fin et je suis rentré chez moi dans un train pour pauvres, au milieu de crevards miséreux tels que moi.
Mais un jour, tous ceux-là se donneront la main pour prendre à la jeunesse parisiano-helvétique les trains pour riches.
C'est ce que l'on appelle la lutte de la Seconde Classe.