Ma vie nordique
Comme je le disais précédemment, je vis à présent dans le nord. Le grand nord : celui qu'on trouve plus haut que la Loire.
Bien que le choc culturel soit difficile à encaisser, il faut parfois ça pour avoir un métier.
Premier constat : les gens d'ici ne savent pas faire des routes assez large pour faire passer toutes leurs voitures ; probablement pour ne pas avoir à trop déneiger pendant leurs dix mois d'hiver. Du coup, on est obligé d'aller faire son métier en train, ce qui n'est pas facile quand les cheminots fainéants tentent de vous en empêcher. C'est donc une lutte acharnée qui se joue chaque matin : il s'agit de tasser le plus possible de gens dans un wagon à grand renfot d'insultes et de coups de coudes. Malheur aux vaincus : ils mourront gelés avant l'arrivée du suivant. Une fois à l'intérieur, souvent, ça pue, mais ce n'est pas très grave parce qu'au moins il fait chaud. Il est tout de même étrange de songer que la plupart des gens qui sont là désaprouveraient les conditions de vie des poulets en batterie...
Après la matinale épreuve du train, il s'agit de finir son trajet à pied. Là encore, il fait glacial et l'on ne doit pas traîner. D'ailleurs, pour ne pas caler à cause du froid, les automobilistes vous tueront plutôt que de s'arrêter à un feu ou autre passage pour piéton. Il faut les comprendre : ils ne parviendraient jamais à redémarrer et seraient lynchés par les piétons, jaloux de ne pas avoir pu prendre leurs voitures sur ces toutes petites routes.
Dans ce contexte, il est logique que la lutte pour trouver un abri soit intensive. En effet, les logements sont rares dans le nord, et les gens sont prêt à tout pour les obtenir. C'est d'ailleurs presque plus dur de trouver un appartement qu'un métier. Mais je ne désespère pas : un jour je deviendrais un vrai nordiste. En revanche, je ne crois pas que je m'acclimate un jour.
Ce serait parfait pour Mac en revanche...
++
No